Paul et Silas et le géôlier de la prison

Dans une conversation récente avec un frère à propos de ce qu’est l’Évangile, je l’ai mis au défi de trouver dans le livre des Actes le « plan du salut » tel que compris et enseigné par les évangéliques modernes. Le frère en question m’a répondu par le verset suivant : « … que faut-il que je fasse pour être sauvé? Ils répondirent : Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » (Actes 16:30-31)

C’est une réponse intéressante, parce que c’est un passage très utilisé pour expliquer « ce qu’il faut faire » pour être sauvé. Et c’est l’un des versets souvent cité pour décrire le “plan du salut”.

J’avais choisi le livre des Actes, parce qu’ils est rempli des paroles des apôtres qui expliquent l’évangile aux gens. Il me semble donc que si le « plan du salut » évangélique est bien l’évangile, il devrait se retrouver dans les discours des Actes.

____________________________

Mais avant d’aller plus loin, quelques explications…

Premièrement, qu’est-ce que j’entends par « évangile évangélique » ou « plan du salut » évangélique?

En gros ceci :

1- Dieu a créé les humains, et il nous aime (“Car Dieu a tant aimé le monde…” – Jean 3:16)

2- Les humains ont désobéi, et sont pécheurs (“Car tous ont péché …” – Romains 3:23)

3- Nous sommes donc sous le jugement de Dieu, et le jugement de Dieu c’est l’enfer éternel (“le salaire du péché c’est la mort” – Romains 6:23)

4- Jésus-Christ est venu pour mourir à notre place, pour nous réconcilier avec Dieu, et pour nous permettre d’aller au ciel. (“Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.” – Romains 5:8)

5- Ce que les humains ont à faire, c’est simplement de croire en Jésus, se repentir de leur péché. (c’est ici que le verset de Actes 16:31 est inséré: “Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé…”)

Ce que je viens de décrire est une présentation de l’évangile plutôt classique des croyants évangéliques. Est-ce qu’en disant cela je dis que ces énoncés sont faux? Non. Pas du tout. Si nous sommes chrétiens, nous croyons qu’ils sont vrais. (Quoique un ou deux points sont à nuancer très sérieusement…)

Mais le point est de savoir, est-ce que cette présentation du “plan du salut” EST l’Évangile? Est-ce que c’est la “Bonne Nouvelle” que les apôtres prêchaient dans le livre des Actes?

Nous essaierons de voir plus bas si les apôtres avait ce “plan du salut” en tête lorsqu’ils ont dit “Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé…”.

Deuxièmement, si vous ne connaissez pas le contexte et l’histoire autours de ce verset, il serait mieux pour vous de lire l’histoire au complet (ici) pour bien saisir le reste de l’article.

____________________________

Et donc, Paul et Silas se retrouvent à se faire battre à coups de bâton, et sont jeter en prison, pour avoir guérit une esclave possédée d’un esprit mauvais, et causant ainsi la ruine du propriétaire de cette esclave. Dans la nuit, Paul et Silas chantent en prison. Puis soudain, un tremblement de terre détruit la prison. Cela signifie que tous les prisonniers peuvent s’enfuir. Le gardien de prison, qui était probablement tenu par un code d’honneur militaire très sévère et qui devait probablement répondre de sa vie si un prisonnier s’enfuyait, est sur le point de se suicider. Paul crie : « Ne te fais pas de mal! Nous sommes tous ici! »

Maintenant, vient le verset cité plus haut. Mais au lieu d’isoler le verset au point où il ne veuille plus rien dire, citons aussi les quelques mots qui viennent avant : « Alors le géôlier … entra précipitamment et tomba tout tremblant devant Paul et Silas; … ‘que faut-il que je fasse pour être sauvé?’ Ils répondirent : ‘Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et toute ta maison.’ …  » (Actes 16:30-31)

Conclusion: pour être sauvé de l’enfer et aller au ciel, il faut croire au Seigneur Jésus. Et en plus il nous est promis que notre famille ira aussi au ciel.

… mmm?

En ayant l’histoire pour contexte, le dernier paragraphe sonne quasiment sarcastique… C’est quasiment drôle… Et pourtant, c’est ce que j’entends dans l’église évangélique depuis que je suis enfant. Et ça démontre à quel point un carcan théorique (« le plan du salut ») vient teinté la lecture.

De tout le chapitre, on ne retient « que l’important »… « crois au Seigneur Jésus .. et tu seras sauvé »… de l’enfer et tu iras au ciel.

Reprenons le « plan du salut » décrit plus haut, et tentons de comprendre ce plan du point de vue du géôlier.

1- Dieu a créé les humains, et il nous aime

Le géôlier est un romain, païen, et qui croit en l’existence d’une multitude de dieux et déesses. Il ne sait pas qu’il y a un Dieu unique et créateur. Et encore moins que ce Dieu aime les humains. Sa notion de “dieu” est celle d’êtres capricieux et vengeurs, dont il faut constamment calmer la colère et offrir des sacrifices et des offrandes pour les calmer. Un de ses devoirs de citoyens principal est de bien s’acquitter de ses devoirs religieux afin de s’assurer que la vie de la ville, de l’empire, et de sa famille se déroulent bien.

Comment se fait-il que Paul ne prenne pas la peine de le convaincre de l’existence de Dieu d’abord et avant tout?

N’est-ce pas ce que nous tentons souvent de faire en premier lieu avec les incroyants? De ce point #1 découle toute l’approche apologétique (c’est-à-dire, de tenter de prouver la véracité de la foi par des arguments logiques et rationnels)…

Si l’Évangile est vraiment le “plan du salut”… il nous faut conclure que Paul et Silas sont des incompétents pour présenter l’Évangile, puisqu’ils ne prennent même pas la peine de mentionner le point #1. Ou alors, l’auteur du livre des Actes n’a pas écrit dans son récit toute la discussion où Paul et Silas auraient tenté de convaincre le géôlier de ce point crucial?…  (… je pose la question comme ça… ;)

2- Les humains ont désobéi, et « tous ont péché »

… même problème qu’au point précédent

de toute façon, il semble clair que ce pauvre homme n’est pas vraiment en état de faire une introspection pour voir son péché

3- Nous sommes donc sous le jugement de Dieu, et le jugement de Dieu c’est l’enfer éternel

… et donc, ce géôlier serait préoccupé par le salut de son âme ?

vraiment??

comment se fait-il qu’il veut se tuer??

si vraiment il avait eu peur de l’enfer, et cherchait le «salut pour aller au ciel », se suicider ne serait pas la meilleure façon de régler le problème!

4- Jésus-Christ est venu pour mourir à notre place, pour nous réconcilier avec Dieu, et pour nous permettre d’aller au ciel.

il faut se rendre compte que cet énoncé est du point de vue du géôlier totalement incompréhensible

mourir à notre place : pourquoi??

réconcilier avec Dieu : c’est qui Lui déjà??

pour aller au ciel : « …euh, c’est quoi le ciel? pourquoi le ciel? … moi j’ai juste la honte de ma vie que mes prisonniers s’échappent, et on va me traduire en cours martial, et on va probalement me condamner à mort. La honte sera sur mon nom et ma famille pour des générations. Ma réputation et celle de ma famille sont détruites… Mes enfants vont devenir des mendiants… Ma femme devra se vendre comme esclave. »

5- Ce que les humains ont à faire, c’est simplement de croire en Jésus, se repentir de leur péché

“je ne me sens pas pécheur, je me sens menacé et honteux”

Comme je l’ai soulevé surtout au point 4, le fameux « plan du salut » devient souvent un exercice d’enfonçage de « vérités » dans le cerveau des « perdus » à coup de massue. Ça devient simplement et trop souvent un simple manque d’une empathie la plus élémentaire. L’empathie est la capacité à ressentir ce que l’autre ressent, ou à comprendre ce qu’il ressent, ou à pouvoir se mettre dans ses souliers. Défiler un “plan du salut” peut souvent démontrer un manque complet de capacité à se mettre à la place de l’autre.

Je recite le verset 29 : « le géôlier… entra précipitamment et tomba tout tremblant devant Paul et Silas… ». Pensez-vous sérieusement que le sort éternel de son âme avait la moindre chose à faire avec l’état d’angoisse et de panique que cet homme était en train de vivre? Et pourtant, quand on nous présente l’Évangile et qu’on cite ce verset : « crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » en voulant nous faire croire qu’il s’agit d’éviter l’enfer et d’aller au ciel, on prend pour acquis que c’est ce que Paul et Silas ont voulu dire à cet homme désespéré.

____________________________

Qu’est-ce qu’ils ont voulu dire à cet homme?

Je mets ici ma proposition, et je serais heureux de lire vos suggestions.

Il faut relire le passage! Paul et Silas viennent d’être battus à coups de bâton, et sont enchaîné dans une prison comme des bandits et des hors-la-loi… Et ils chantent!!!

Le parallèle entre la situation de Paul et Silas, et la situation du géôlier est très intéressant.

1- Paul et Silas viennent d’être projeté au plus bas possible de l’échelle sociale, le pharisien investi de l’autorité du Sanhédrin de Jérusalem pour aller pourchasser les chrétiens de Damas est devenu un prisonnier qu’on risque d’oublier et qui mourra certainement bientôt… Ils n’ont plus aucune sécurité… leur situation est plus que précaire, ils risquent la mort. Ils ont probablement faim. Leurs plaies risquent de s’infecter. Ils ont mal partout. Les prisons servant aussi d’asile, ils sont possiblement entourés de quelques fous furieux dangereux. Ils sont inconfortables. Ils sont enchaînés… s’ils doivent faire leur besoin, ils les font là où ils dorment, et devant tous. Ils sont devenus des « balayures du monde » (2 Cor…)

… et pourtant, ils chantent.

2-Le géôlier, placé dans une situation de précarité, dans un certain sens semblable à celui de Paul et Silas….. veut se suicider.

Quel est ce « salut » proclamé par les apôtres quand ils disent : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé »?

Puis-je me permettre une paraphrase de ce verset et reposer la même question?

Quel est ce « salut » proclamé par les apôtres au verset 30 quand ils disent : « Crois au Seigneur Jésus et tu deviendras aussi fou que nous et tu chanteras au lieu de vouloir te tuer »?

Pensez-vous vraiment que Paul et Silas chantaient en prison parce qu’ils étaient heureux d’aller au ciel?… Mais c’est quoi ce bonheur superficiel et égoïste? Ils seraient heureux parce que eux vont aller au ciel? Personnellement, je suis incapable de me réjouir d’un tel salut centré sur mon propre salut.

Non. Je ne pense pas que Paul et Silas se réjouissaient de leur place au ciel.

Ils se réjouissaient parce qu’ils savaient que Jésus-Christ règnaient, même si rien dans leur situation actuelle ne leur laissait le moindre indice palpable et visible de cette réalité.

C’est la Bonne Nouvelle du Sermon sur la Montagne, et du cantique de Marie.

“Heureux les affligés, car ils seront consolés!
Heureux les humbles, car ils hériteront la terre!
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!
Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.”
(Matthieu 5)

“… sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.
Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.
Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.”
(Luc 1)

En d’autres mots, au lieu d’un “plan du salut” destiné à M’assurer MA destinée éternelle, j’ai l’impression que ce que Paul et Silas ont dit au géôlier est la chose suivante: « Même si ta situation personnelle devient aussi merdique que la nôtre… Christ règne et c’est lui que nous servons, et que tu as la possibilité de servir aussi. Et alors, au lieu de vouloir te tuer, tu chanteras. »

La bonne nouvelle annoncée par les apôtres est centrée sur Jésus-Christ lui-même, le roi du royaume de Dieu qu’il est venu instauré. La bonne nouvelle évangélique est centrée sur ma destinée éternelle. C’est la grande différence.

Je termine par ce passage de 1 Corinthiens 1. (Pour ceux qui ne le sauraient pas, quand Paul parle des Grecs, on peut assumer qu’il parle de tous les non-juifs… donc aussi de la plupart d’entre nous.)

“Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu.
Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents.
Où est le sage? où est le scribe? où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde?
Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.
Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse:nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.”

81 commentaires
  1. Antoine a dit:

    Je suis d’Accord avec l’idée que l’annonce au geôlier était “Crois en Jésus et toi aussi tu seras joyeux comme nous” (comprendre ici la joie comme le fruit de l’Esprit et non pas le bonheur éphémère).

    Mais pourquoi auraient-ils dit de croire en Jésus, si c’est JUSTE pour la joie? Parce que pour avoir le fruit de l’esprit, il faut aussi avoir l’Esprit. Et pour avoir l’esprit, il faut croire au Seigneur Jésus, mettre sa confiance en Lui, “être sauvé”.
    Mais je ne crois pas que le “tu seras sauvé toi et toute ta famille” fait que toute sa famille ira au ciel. Ça doit être une manière de parler dans les textes originaux.

  2. Merci de cette excellente réflexion.

    Nous aimons Jésus pour ce qu’il est, mais aussi pour ce qu’il fait. Il est la révélation de Dieu, tout ce qui est bon et admirable, alors nous l’aimons. Mais nous l’aimons aussi parce qu’il nous délivre de notre propre péché et parce qu’il nous donne la possibilité de communier avec lui éternellement (c-à-d: le ciel ou le paradis). Notre amour pour lui n’est pas désintéressé, mais c’est notre amour pour lui qui fait de nous des chrétiens, pas simplement notre acceptation de ce qu’il fait pour nous.

    Les évangéliques sont comme des mercenaires qui combattent pour le Christ pour empocher leur paie, sans faire partie de l’armée régulière et n’ayant pas à coeur les intérêts du général. Ou encore, comme des réfugiés qui profitent de l’accueil d’un pays sans vouloir devenir citoyens, profitent du filet social du pays et repartent aussitôt vers leur pays d’origine (le monde). L’évangile, c’est devenir citoyen du royaume.

  3. Monique a dit:

    Très, très intéressant ! Merci Tommy !

  4. tommyab a dit:

    @Antoine…
    tu réfléchis encore en terme de bénéfices personnels…
    en effet, le salut ne serait pas “juste pour la joie”

    le point de la Bonne Nouvelle de Paul et Silas est que Jésus règne, et c’est ce qui les rend “fous”
    la bonne nouvelle n’est pas “tu peux avoir l’opportunité d’être assez fou pour chanter en prison”

  5. tommyab a dit:

    l’expression “toute ta famille”, est mieux rendue par “toute ta maison”, ou encore mieux par le terme anglais “your whole household”

    … il incluait à l’époque tous ceux qui habitaient sous un même toit, et pouvait inclure la famille immédiate, la famille élargie, des esclaves, des employés, des collègues de travail, des amis de passages. Ceux qui avaient des maisons étaient relativement riches. Avoir une “église de maison” à l’époque ne consistait pas seulement à un service typique d’église mais dans un maison, 2-3 heures par semaine, mais bien une petite communauté vivant sous le même toit.

    on peut aussi imaginer que ce qui a permis au géôlier d’éviter une situation fâcheuse où les prisonniers se serait enfui, c’est que ces prisonniers, probablement interpellés par les chants des apôtres, ne se sont pas enfui alors qu’ils auraient pu le faire.
    ma conclusion: nos chants au milieu de l’adversité peut sauver des gens.

  6. Pour répondre au “toute sa famille”, la punition qui tombait sur le geôlier qui avait laissé s’enfuir des prisonniers, tombait également sur sa famille. Donc il s’agit bien d’un salut temporel qui touche toute la famille et non pas d’une police d’assurance sur la vie dans le ciel.
    Le salut annoncé par Jésus-Christ était souvent très terre à terre.

  7. J’ai beaucoup aprecier cette ‘exposition’, Tommy.

    Nous avons, en Amerique du Nord, une evangile fondee sur l’idee d’un ciel futur et d’une vie futur, plutot que l’evangile du Royaume, qui est deja maintenant parmi nous. Pour le chretiens, l’evangile est une mort. Comme Paul dit, ‘Je cherchi parmis vous seulement de connaitre Christ, et Christ crucifies’.

    Dieu ne nous offre pas une passe gratuite, ‘dit le mot magique et tu peut entrer!’, mais plutot deux choses; une croix, et une promesse de nouvelle vie. Si, par la foi, nous embracons la croix, notre propre mort, il nous donnera sa vie, et ce sera alors reellement plus nous qui vivons, mais lui qui vit en nous.

    Notre evangile moderne cherche a donner nouvelle vie a la vieille creation, qui se doit de mourrir sur la croix. Et par cela, elle devient en realite une anti-evangile, contre la vrai evangile, qui remplace ‘porte ta croix’ par ‘Jesus a porter ta croix pour toi’. Oui, Jesus a fait ce que nous ne pouvons pas faire, mais cela, pour nous donner une nouvelle nature, la sienne, que nous puissions finalement, par sa vie, faire ce que nous ne pouvions pas faire.

    Sois benis, mon frere

  8. Intéressante façon de voir les choses ! Dans l’inconscient collectif de la plupart des milieux évangéliques le « salut » est quelque chose du futur, qui aura lieu après la mort. En caricaturant à peine, la « vie éternelle » se passerait alors assis sur un nuage blanc à jouer de la harpe dans le Royaume de Dieu.

    Il me semble que cette conception limité des choses vient d’une mauvaise compréhension de ce qu’est « l’éternité » biblique et de ce qu’est véritablement de « Royaume des cieux ». D’après le sens du mot hébreu, l’éternité (« el olam ») n’est pas seulement un temps qui ne s’arrêtera jamais, mais bien plus fondamentalement un autre monde, une autre économie de pensée et d’action, une façon complètement différente de concevoir la vie, le temps et surtout la Divinité et la relation que nous pouvons avoir avec Elle.

    Il est important de remarquer que pour le Christ, le salut n’est pas uniquement quelque chose de futur, mais une réalité déjà présente. Lorsqu’il proclame :

    « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma Parole et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5 : 24.)

    Il parle au présent, pas au futur. Il ne dit pas « celui qui croit AURA la vie éternelle », mais il dit bien que celui qui croit A (au présent) la Vie de l’éternité. « il est passé (pas futur!) de la mort à la vie ». Ce qui est confirmé par Paul dans son épître aux Éphésiens

    « nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés — il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus » (Eph. 2 : 5-6.)

    Là, Paul en parle au passé pour ceux qui ont crus. Cette vie de l’éternité est donc une réalité présente dans la vie de ceux qui croient. Même si cette réalité est encore en partie voilé par notre corps de chair, nous en possédons déjà un acompte (les « arrhes de l’Esprit » 2 Cor. 1 : 22.)

    On dira que c’est un peu mon dada, mais il est important de savoir que les traductions nous voilent parfois les réalités éternelles. Par exemple, « Royaume de Dieu » peut se traduire par « Règne de Dieu »  et « Vie éternelle » peut se traduire par « Vie de l’éternité ». Ce qui en fait des réalités présentes, là où on pourrait s’imaginer qu’il ne s’agirait que d’un futur et d’un au-delà.

    La « Vie éternelle » n’est donc pas uniquement une vie que nous n’aurions qu’après la mort et la résurrection à la fin des ages, mais il s’agit bien d’une réalité déjà présente aujourd’hui pour tous ceux qui croient. Elle n’aura effectivement son plein accomplissement qu’après la résurrection et l’acquisition d’un corps céleste, mais nous en vivons déjà par la foi des aspects concrets dans notre vie ici bas.

    Pour reprendre ton histoire du gardien de prison de la ville de Philippe, il est important de bien comprendre les usages de l’époque. Si ses prisonniers s’étaient échappés, il aurait été puni très sévèrement, lui et sa famille. Lorsqu’il prend une épée afin de s’ôter la vie, c’est fort probablement pour faire en sorte que sa famille au moins échappe au châtiment, en faisant croire qu’il est mort en se battant les armes à la main pour empêcher les évasions. Ce n’est donc pas un simple suicide par désespoir que Paul arrête en lui parlant du Seigneur, mais c’était pour cet homme la seule façon de sauver les siens de la sanction qui leur été destinée. Et c’est pour cette raison que Paul lui parle du salut pour lui et aussi pour sa famille. Un salut très terre-à-terre, (sans auréoles et sans petits nuages blancs) comme tu le fais très justement remarquer, mais qui les amènera à une conversion qui se traduira immédiatement en actes, puisqu’il va soigner des ses propres mains les blessures de Paul et Barnabas.

    Mais n’est-ce pas justement ce genre de salut imbriqué dans les réalités concrètes que le Christ apportait en proclamant la Bonne Nouvelle que le Règne de Dieu était proche et en le démontrant par ses actes ? N’est-ce pas ainsi qu’il a envoyé les 12, puis les 70 pour proclamer et démontrer par des interventions miraculeuses (des « signes ») que le Règne de Dieu était là, juste à côté d’eux ? Le « plan du salut en cinq points » n’était pas employé par le Christ ni par ses disciples lors de leur envoi, mais ils démontraient une réalité éternelle puissante et ceux qui étaient touché avaient alors la possibilité de suivre la Sauveur du monde et de vivre de la Vie dont Il était la source.

    Précisons cependant que les disciples n’ont jamais recherché la puissance de faire des miracles, mais qu’ils ont simplement vécu une communion avec le Fils qui leur a transmis ce qui le remplissait, c’est à dire le Règne de Dieu. Ce Règne qui ne consiste pas en belles paroles, mais en actions puissantes capable de sauver celui qui croit.

    « Car le Règne de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance.  »(1Cor. 4 : 20.)

    C’est cette communion avec le Seigneur qu’il nous faut rechercher et cultiver chaque jour. C’est de là que partira tout le reste de notre véritable témoignage.

    Jean-Luc B

  9. EM a dit:

    Le geôlier en voyant les portes de la prison ouvertes sait qu’il sera condamné a mort car il sera tenu comme le principale responsable. Donc quand il pose la question a Paul et a Silas il leur demande en fin de compte :

    Qu’est ce que je dois faire pour échapper a la mort qui m’attends ? On va m’accuser d’avoir libérer tout les prisonniers et me condamner a mort .

    Paul et Silas répondent au geôlier que si il met sa confiance dans le Seigneur Jésus, Dieu le délivrera de cette condamnation, Dieu sauvera ainsi le geôlier et sa famille.

    Apres Paul et Silas lui annonce l’évangile de Dieu au complet en lui parlant de la crucifixion et de la résurrection du Seigneur Jésus.

  10. Voici mon explication de “toute la famille”.

    Le blocage provient encore d’une fausse conception du salut. Le salut n’est pas une opération juridique où une personne prie une prière et elle est sauvée la minute suivante. Le salut n’est pas un statut qu’on possède et on ne peut pas dire d’une personne: “elle est sauvée” ou “elle n’est pas sauvée” de la façon que le disent les évangéliques.

    Le salut est plutôt une expérience de la puissance de Dieu qui libère du péché et se révèle à l’homme. On ne dit pas: “Je suis sauvé”, mais plutôt: “Je suis en train d’être sauvé”. Le salut requiert également quelque chose de notre part, quoiqu’en disent certains. Il faut travailler à notre salut, car la lutte contre le péché et la poursuite de la perfection sont des entreprises difficiles. Si nous ne faisons rien, nous n’aurons aucune libération du péché et nous n’aurons aucune sainteté. Alors comment pourrions-nous dire que nous sommes “sauvés”… sauvés de quoi? Nous serions encore dans notre péché et nous ne profiterions pas de la grâce de Dieu qui nous donne la force de nous en libérer.

    Paul utilise le temps de verbe futur: tu SERAS sauvé, toi et toute ta maison. C’est parce que la foi du geôlier sont le début de sa quête spirituelle qui apportera le salut. La foi du geôlier est également le début de la vie chrétienne pour sa maisonnée, puisque c’est lui qui prend les décisions religieuses dans sa maison et c’est lui qui décide que tous seront chrétiens. Manifestement, Dieu a décidé de donner la foi à tous les membres de sa famille et il savait qu’en conséquence ils seraient tous éventuellement sauvés, ayant prévu leur collaboration. C’est une vraie grâce.

    Paradoxalement, le protestantisme évangélique est moins axé sur la grâce que le christianisme traditionnel. Les évangéliques admettent que c’est Dieu qui sauve, mais ils s’attendent à ce que la personne fournisse sa propre foi. Le christianisme traditionnel affirme que la foi est un don de Dieu. Dans le rituel du baptême (même des bébés, où les parents répondent à la place du bébé), on demande au baptisé: “Que demandes-tu de Dieu” et il répond: “La foi.” Dieu donne alors au bébé la foi qui lui donne la possibilité d’être sauvé, s’il collabore à la grâce de Dieu. C’est ce que Dieu semble avoir fait avec la famille du geôlier, même pour ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de l’évangile, comme les bébés qui sont baptisés. Ils ne sont pas sauvés sur le champ, n’ayant pas encore fait connaissance du Christ ni vaincu le péché, mais c’est l’issue éventuel de leur voyage spirituel.

  11. tommyab a dit:

    @Jean-Luc

    “Un salut très terre-à-terre, (sans auréoles et sans petits nuages blancs) comme tu le fais très justement remarquer, mais qui les amènera à une conversion qui se traduira immédiatement en actes, puisqu’il va soigner des ses propres mains les blessures de Paul et Barnabas.”

    très juste. merci.

  12. tommyab a dit:

    @EM
    “Paul et Silas répondent au geôlier que si il met sa confiance dans le Seigneur Jésus, Dieu le délivrera de cette condamnation, ”

    …mmm ? que veux-tu dire?
    je ne suis pas sûr que le “salut” proclamé par Paul était une garanti de survie…
    veux-tu dire que Paul et Silas voulaient dire “même si on te tue, grâce à Christ tu ressusciteras” ?
    dans ce sens là, ça peut se défendre. Mais je ne suis pas persuadé que Paul et Silas allaient jusqu’à proclamer la resurrection dans la phrase “crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé”
    la Résurection est un concept exclusivement juif/chrétien. C’était une notion totalement étrangère aux Grecs et aux Romains. Si en disant “Crois au SEigneur Jésus et tu seras sauvé”, Paul et Silas avaient voulu dire “Crois au SEigneur Jésus et tu ressuscitera même si tu meures”…. on est en droit de penser qu’ils auraient offert plus d’explication sur la resurection à ce pauvre géôlier…

  13. tommyab a dit:

    @DAniel

    mmm…. C’est une perspective très intéressante. Ça ouvre tout le débat sur le baptême des enfants…

    mais je suis bien d’accord avec toi que nous sommes “en train d’être sauvé”

    cependant, pour reprendre ton analogie sur l’armée, si les protestants/évangéliques ont tendances à devenir des mercenaires, les catholiques et les orthodoxes pourraient être des soldats enrôlés de force par la conscription. Je ne suis pas certain que c’est une meilleure recette pour produire des disciples.

    Tu trouveras certainement intéressant le chapitre 2 du livre de McKnight: http://www.amazon.com/King-Jesus-Gospel-Original-Revisited/dp/031049298X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1318682703&sr=8-1
    (cliquer sur le livre pour voir l’aperçu, et aller au chapitre 2 intitulé “Gospel Culture or Salvation Culture”)

  14. Tommy,

    Enrôlé volontairement ou conscrit, cela ne fait aucune différence une fois sur le champ de bataille. Certains soldats combattront bien, d’autres mal. À la fin de la bataille, certains recevront médailles, gloire et honneur, d’autres seront jugés à la cour martiale et iront en prison. Le baptême, ça fait de toi un soldat, avec la possibilité de vaincre. À toi de décider si tu seras un bon soldat ou un mauvais.

    Intéressant aperçu, la première page du chapitre 2 du livre de McKnight. Je t’emprunterai le livre la prochaine fois qu’on se verra, si t’as pas d’objection.

    Daniel

  15. mireille a dit:

    Je trouve ce texte ainsi que tous les commentaires très intéressants. Cependant, ce qui m’interroge un peu c’est toute l’histoire de croire en Jésus Christ et d’être ainsi automatiquement sauvé. Peut-être que je ne saisi pas bien ou que je ne lis pas entre les lignes. Croire est une chose, les efforts quotidiens pour tenter d’accomplir le mieux possible la mission que Dieu nous donne en est une autre. Je trouve seulement qu’à premier abord l’impression que l’histoire me laisse c’est que le but de notre vie est d’être « sauvés » et que c’est très facile d’y arriver, nous n’avons qu’à être baptiser et à croire en Jésus.

  16. tommyab a dit:

    @mireille

    tu poses une “grande” question !

    le salut est un grand sujet… est-on “sauvé” définitivement une fois que nous croyons ? sommes-nous assurés d’aller au ciel?
    le Nouveau TEstament ne cesse de nous exhorter à “travailler à notre salut” (2 Pierre 1, Philippiens 2, entre autres…)

    si on prend l’un des très bon exemple du salut que nous avons dans l’Ancien Testament, la délivrance des juifs lorsqu’ils sont sorti d’Égypte. Ils étaient sortis d’Égypte, délivré, libéré (délivrance=salut, c’est la signification du mot salut), mais n’étaient pas arrivé en terre promise. ils ont dû combattre des dizaines de menaces et de peuples qui les attaquaient. ils on dû combattre leur propre ingratitude, et leur incrédulité. ils ont dû à maintes reprise se repentir de nouveau, surtout lors de l’épisode d’idolâtrie où ils ont fabriqué un veau d’or et affirmé que c’était le dieu qui les avait sorti d’Égypte… où Dieu a même voulu les exterminer.

    nous AVONS été délivré
    nous sommes constamment délivré de nos ennemis quotidiens (le péché en nous surtout)
    nous ARRIVERONS un jour en terre promise, mais nous ne sommes pas arrivé

    est-ce garanti que nous arriverons?
    c’est un grand débat.
    la plupart des évangéliques affirment que oui. C’est ce qu’on appelle “l’assurance du salut”.

    mais le “mécanisme” qui mène à cette assurance est plus que louche. À la limite, je pourrais cyniquement attendre sur mon lit de mort, puis réciter la “prière de repentance” et “accepter Jésus dans mon coeur”, et j’irais au ciel ! Ça s’est déjà fait, c’est ça qui est le pire. Dans les premiers siècles après J-C, certains se faisaient baptiser sur leur lit de mort de façon intentionnelle, pour ne pas avoir à vivre en chrétien toute leur vie. c’est de l’idolâtrie. (idolâtrie=remplacer Dieu par autre chose en mettant autre chose à la place qui ne revient qu’à Dieu). C’est aimer le ciel plus que Dieu lui-même. C’est adorer le don au lieu du donateur. Dans le fond, c’est s’adorer soi-même et n’aimer que soi-même.

    et c’est la raison qui fait que trop me préoccuper de MA destiné après MA mort n’est pas la priorité.
    ma seule priorité devrait être d’aimer et de servir Dieu.

    me préoccuper de MON assurance du salut, plutôt que de mettre la priorité sur “tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton coeur, de toute ta force, de toute ta pensée, et de tout ton âme, et tu aimeras ton prochain comme toi-même”, c’est demeurer centré sur moi-même, et c’est la porte ouverte pour aller vers des formules automatiques pour produire des sauvés. Dans la version protestante/évangélique c’est “répéter cette prière, et vous serez sauvé”. Dans la version catholique c’est “recevez les sacrements, et vous serez sauvé”.

    la version biblique, c’est “croyez, repentez-vous, soyez baptisé”
    et croire, c’est faire.
    Abraham a cru Dieu, et est parti de son pays,… et il a offert Isaac en sacrifice

    croire ce n’est pas être d’accord dans sa tête.
    si je crois que Dieu est le seul vrai Dieu, je ne croirai pas que ma volonté est plus importante que la sienne.
    si je crois que tout ce que j’ai est un don, je ne peux pas vivre dans l’ingratitude, ou penser que ce que j’ai je l’ai gagné par mes efforts.
    si je crois que tout m’est donné, je pourrai prier le Notre Père et dire “donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien” et ce sera une réalité que je crois, et non seulement des mots vides.

    la vérité que croire c’est faire est je trouve très bien décrite dans ce vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=xiG-nlDVvYM

  17. mireille a dit:

    Merci beaucoup pour ta réponse. J’ai une autre interrogation au sujet de la citation suivante :
    « Heureux les affligés, car ils seront consolés!
    Heureux les humbles, car ils hériteront la terre!
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
    Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

    Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!
    Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. »
    (Matthieu 5)
    Je ne sais pas trop comment interpréter la fin de la citation.
    Ma vision personnelle est que dans les épreuves et les difficultés il ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort, nous devons plutôt grandir à travers celles-ci . Il nous faut aussi continuer de croire en Dieu malgré le défi à relever. J’aurais toutefois de la difficulté à comprendre que toutes les épreuves qui peuvent être vécues soient la volonté de Dieu. En fait, nous sommes ses enfants et Dieu est amour. Un parent ne pourrait pas vouloir volontairement faire du mal à ses enfants. Je comprend cependant que des embûches soient nécessaire à notre évolution.

  18. Une chose qui m’a frappe recemment c’est que la parole dit ‘si nous souffrons avec lui (Christ), nous serons aussi glorifie avec lui’. Paul dit aussi ‘Nous nous rejouissons dans no souffrances, car nous savons que la souffrance cree la perseverance (parfois dit ‘patience’).

    Par sa mort, Christ reconcilia beaucoup d’hommes a Dieu, par notre mort, et pas seulement une mort literal, bien que cela en soit la culmination, nous reconcilions les hommes a Dieu. Ce que Christ etait ici sur terre, nous somme maintenant apeller a l’etre aussi, par sa puissance et sa vie en nous. :)

  19. tommyab a dit:

    @mireille

    …. grandes questions!!
    ah ah.

    le problème de la souffrance…
    je ne suis pas sûr de régler ça aujourd’hui!

    certains pensent en effet que tout le mal qui arrive est par la volonté de Dieu.
    Honnêtement, dans une épreuve, c’est bien la dernière chose que je voudrais entendre…
    Et selon ma compréhension, ce n’est pas ce que le christianisme enseigne.

    Et il faut se rappeler que c’est exactement la réponse que les amis de Job lui ont offert
    Et ces “amis” sont aussi ceux qui cherchent des causes aux malheurs. Les amis de Job lui disaient: “c’est parce que tu as péché, … c’est parce que ci ou ça… et tu es puni…”

    il est probablement vrai que certaines souffrances sont des conséquences de nos actes. Si je me plante en auto en roulant 200 km/heure et que je me casse la jambe… je subi simplement une conséquence prévisible. Mais est-ce dans une logique de punition?? Pas certain que Dieu soit comme ça. Conséquences logiques: oui. Correction: oui, d’accord. Dieu nous corrige, tel un bon parent consciencieux le fait pour son enfant.

    Joseph, l’un des 12 fils de Jacob, fut vendu comme esclave par ses propres frères. Plus tard, il fut faussement accusé de tentative de viol de la femme de son maître et jeté en prison, dans laquelle il a pourrit pendant des années. À la fin de sa vie, il explique à ses frères que “Dieu a changé le mal en bien” (Genèse 50).

    le mal est mal. essayer de dire que le mal est bien, c’est cruel. essayez pour voir d’aller dire à un cancéreux: “c’est pour ton bien…” !

    j’avais écrit sur ce sujet avant: http://tommyab.wordpress.com/2010/05/17/le-pardon-est-il-une-minimisation-du-mal/

  20. tommyab a dit:

    @mireille

    en fait, … je me rends compte qu’en fait, je viens de répéter un peu la même chose que tu dis

    ” Il nous faut aussi continuer de croire en Dieu malgré le défi à relever. J’aurais toutefois de la difficulté à comprendre que toutes les épreuves qui peuvent être vécues soient la volonté de Dieu. En fait, nous sommes ses enfants et Dieu est amour. Un parent ne pourrait pas vouloir volontairement faire du mal à ses enfants. Je comprend cependant que des embûches soient nécessaire à notre évolution.”

    sauf pour la dernière phrase. je dirais plutôt que grâce à Dieu, nos embûches nous permettent d’évoluer.

    … parce que dire que le mal est nécessaire… ça peut devenir de dire que le mal est bien.
    c’est ce que certains religieux ont prêché…. et c’est beaucoup ce qui a écoeuré le monde de la religion.

    c’est le Dieu de la résurrection qui “change le mal en bien”.

  21. tommyab a dit:

    pour ce qui est de l’interprétation du passage que tu cites

    voici ce que j’en comprends…:

    être pauvres, ou affligé, ou persécuté ne sont pas des vertus en elles-mêmes.
    mais grâce à Dieu seul, nous sommes déclaré “heureux”

    ces versets sont descriptifs. ils décrivent le peuple de Dieu. il y aura toujours parmi nous des “pauvres en esprit”, ou des “affligés”, ou des “assoiffés de justice” ou des “persécutés”

    Paul et Silas n’ont pas cherché à être emprisonnés en se disant “Jésus a dit heureux les persécutés… pourquoi on ne ferait pas exprès pour se mettre dans le trouble? juste pour être heureux”

  22. tommyab a dit:

    je sais pas si d’autres ont d’autres réflexions sur le passage de Matthieu 5 ?

  23. mireille a dit:

    Merci pour les réponses, je vois maintenant les choses sous un nouvel angle. J’aime particulièrement un extrait du texte : le pardon est-il une minimisation du mal. “L’attitude du chrétien dans la souffrance n’est pas de minimiser ce qui arrive, ni de nier ses réactions, et de réprimer sa colère et son désir de vengeance, mais c’est d’aller au-delà. De vivre ce que Dieu fera de cette réalité. D’espérer en Dieu.” Je trouve qu’il me sera maintenant plus facile de répondre lorsque des gens se disent que si Dieu existait vraiment il n’y aurait pas eu tel ou tel évènement… Il est surtout important de retenir que Dieu fera quelque chose de bien avec une situation qui était atroce au préalable.

  24. tommyab a dit:

    Yann,

    deeeeep stuff !

    ce que tu expliques est la seule façon à mon avis de comprendre le passage de Colossiens:

    “Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église.
    C’est d’elle que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonçasse pleinement la parole de Dieu,
    le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints,
    à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir: Christ en vous, l’espérance de la gloire.
    C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ.
    C’est à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi.” (Colossiens 1)

    tu trouveras probablement ce texte intéressant: http://theologyofpersecution.blogspot.com/2008/12/theology-of-persecution-and.html
    (traduction ici: http://tommyab.wordpress.com/2010/12/30/persecution/)

  25. Oui! :)

    Ce passage de Colossiens prends souvent les gens par surprise… Sa m’est arriver la premiere fois quand quelqu’un a demander ce que sa voulait dire sur un forum, et j’ai du relire deux fois. Et oui, les souffrances du Christ sont, dans un sens, incomplete.

    Etant le corps de Christ, nous aussi sommes un sacrifices, ce qui fait que la tete et le corps sont des martyr. Par notre sacrifice (aussi dans le sense de Romains 12), nous refletons Christ, et c’est alors que sa lumiere brille! Tres different de l’evangile typique de l’Amerique du Nord, ou ‘Christ l’a fait a notre place’, comme si le fais qu’il etait un sacrifice pour nous effacait la necessite de suivre ces pas.

    J’ai aprecie le texte que tu m’a referee (excuse le manque d’accent, mon clavier est purement anglophone).

  26. dimi a dit:

    Tommy,
    je trouve que ton développement sur le geôlier romain est assez bancal. Il me semble que tu ne tiens pas compte de plusieurs points bien réels. Je comprends, et je partage la conclusion de ton développement, mais il y a quelques incohérences dans ton discours, il me semble. J’y reviendrais, j’espère, si je trouve le temps.

    Concernant Matthieu 5,
    “… Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. » (Matthieu 5) Je ne sais pas trop comment interpréter la fin de la citation.” = J’aimerais faire quelques remarques à ce sujet : d’abord, dans la Bible, le terme “heureux” n’a rien à voir avec notre vision moderne du terme. Il ne signifie pas “avoir du bonheur”, il signifie quelque chose de bien plus profond et de bien plus important. Et cela met le doigts sur un point crucial de notre évangile évangélique si superficiel et égocentrique. “Heureux” signifie : “en mouvement vers le but”. Jésus dit donc : “Vous serez bien en mouvement vers le but de l’existence qui est de connaitre Dieu, c’est à dire d’être uni à lui, d’être un avec lui, quand on vous outragera, etc., parce que c’est à cause de moi que vous le serez, c’est parce que vous serez en communion avec moi, c’est parce que vous serez au diapason de ma volonté, c’est parce que vous serez en cheminement avec moi vers ce but qu’une opposition cherchant à vous détruire se fera jour.” Voilà qui reprend tout son sens. Il ne s’agit plus d’être joyeux quand on nous tape dessus, c’est ce qu’on nous enseigne parfois dans les églises évangéliques et c’est faux et ridicule. Cela culpabilise ceux qui n’y arrivent pas, cela rend hypocrite ceux qui veulent faire croire qu’ils y arrivent, alors que c’est inutile. On peut être triste, abattu, découragé, souffrant, écrasé (et Paul nous dit bien qu’il l’a été!) quand on fait face à de la méchanceté, de la moquerie ou de la violence MAIS… on sait qu’au delà de notre difficulté, nous sommes en marche vers l’accomplissement d’un royaume qui a commencé en nous et en bien d’autres et sera mené à sa maturité. C’est cela être “heureux”, c’est être en marche.

    La Parole de Dieu est d’une extrème profondeur et nos traductions, bien pire, nos interprétations et nos prédications sont d’une superficialité affligeante. Jean-Luc B a bien raison quand il dit : “On dira que c’est un peu mon dada, mais il est important de savoir que les traductions nous voilent parfois les réalités éternelles.” Beaucoup de point de la Bible sont mal compris parce que mal traduit et mal enseigné dans les assemblées qui se bornent à entretenir la vision évangélique du christianisme. Il y a un gros travail à faire de re-définition de certains termes bibliques pour leur restituer leur véritable sens dans les différents contextes des écrits.

    Concernant les souffrances. Elles sont de différentes sources : il y a les souffrances que les hommes s’affligent entre eux, il y a les souffrances qu’on pourrait s’éviter mais qu’on s’afflige à soi-même par de mauvais choix (d’où l’importance de la Thora pour réduire cela), il y a les souffrances que Dieu suscite ou utilise pour nous transformer et nous élever, il y a les souffrances que le satan (ça signifie adversaire, ce n’est pas un nom propre) nous inflige pour nous détruire. Il se peut que ces causes diverses se mélangent dans une seule souffrance et qu’on n’en discerne pas bien les sources. Il me semble qu’il faut sortir de la vision simpliste qui consiste à croire qu’une souffrance est soi une épreuve qui vient de Dieu soit une attaque du diable. Ce n’est pas aussi simple que ça.

    Mais, là encore, nous avons un très gros problème de définition des mots. Le bien et le mal doivent être redéfinis. Pour nous, occidentaux du XXIe siècle, le bien, c’est ce qui me donne du bonheur, du plaisir, de la joie, ce qui me donne une sensation agréable. Le mal, c’est le contraire. Or, pour Dieu, le bien et le mal n’ont RIEN A VOIR AVEC CA ! Pour Dieu, ce qui est bien, c’est ce qui va me permettre d’aboutir à la stature de Christ (même si ça me procure une douleur, une tristesse ou une sensation désagréable). Pour Dieu, le mal, c’est ce qui va m’empêcher de parvenir à la stature de Christ (même si c’est très agréable pour moi). Donc, comme dit Mireille, un père aimant ne veut pas donner du mal à ses enfants, bien sûr, mais Dieu ne pense pas comme nous. Ses pensées ne sont pas du tout comme les nôtres, ses voies, ses conceptions, ses perceptions, sa connaissance et son but, ne sont pas comme les nôtres. C’est pour cela qu’on est si souvent dérouté, parce qu’une souffrance produit parfois en nous l’accroissement d’une réalité éternelle (un poids éternel de gloire). Dieu ne cherche pas notre bonheur, il cherche notre perfection. Cette perfection ne sera atteinte que par une métamorphose de notre être, cette métamorphose est un processus de mort-résurrection. Et la mort, ça fait souffrir. Est-ce que Dieu-amour voulait que son Fils bien aimé souffre atrocement ? Non. Et pourtant, il l’a conduit dans la pire des souffrances, parce qu’elle était inévitable pour atteindre le but dont j’ai parlé. Le christianisme évangélique d’aujourd’hui souffre d’une grande immaturité. On cherche son plaisir, son bonheur, sa bénédiction. Les apôtres enseignaient à chercher la croissance dans la maturité spirituelle. C’était radicalement différent.

    Bien à vous. :)

  27. mireille a dit:

    J’aime bien ta réponse Dimi. C’est vrai qu’on oublie parfois que notre vision du bonheur, de la souffrance, de ce qui est bon ou non pour, nous n’a aucunement la même définition que ce que cela signifie pour Dieu. Tu parles aussi des différentes sources de nos souffrances. Je suis absolument d’accord avec le fait qu’il n’est vraiment pas facile de cibler la bonne source. Pour ma part, quand je vis une situation que je perçois comme étant difficile, ca me prend parfois beaucoup de recul avant de voir que finalement cette situation m’a permis de m’élever et d’évoluer et que Dieu l’ avait probablement mis sur mon chemin pour cette raison.

  28. tommyab a dit:

    @dimi

    je suis bien d’accord avec tout ce que tu dis
    j’ai hâte de te relire concernant les points qui manque de rigueur.

    concernant les béatitudes, la traduction Chouraqui (http://nachouraqui.tripod.com/id61.htm) traduit en effet “en marche”…. je ne comprenais pas trop pourquoi. Merci pour l’éclaircissement.

  29. dimi a dit:

    Tommy,
    je te fais une réponse un peu en vrac…

    D’abord, d’après tout le début du texte (Actes 16;11), il est évident que tous savaient que Paul et Silas étaient juifs, donc monothéistes. Ils n’avaient donc pas besoin d’expliquer beaucoup de chose à ce sujet. Le geôlier connaissait surement le judaisme comme nous on connait l’islam.

    Ensuite, verset 24 : “Le geôlier, ayant reçu cet ordre, les jeta dans la prison intérieure, et leur mit les ceps aux pieds.” = il me parait évident que Paul et Silas ne se génèrent pas pour parler au Geôlier à ce moment là. Ce ne peut être qu’une supposition puisque le texte ne le dit pas, mais connaissant la personnalité de Paul par l’ensemble du livre des Actes et des épitres, cela paraît parfaitement plausible. Donc, quand Paul dit au geôlier “crois au Seigneur Jésus, tu seras sauvé…” il y a de forte chance que c’est là la conclusion de tout ce qu’il a pu lui dire avant. Ce chapitre de Luc est un résumé, c’est évident, des êtres humains en présence ne se parlent pas si peu.

    Puis… “Alors le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment, et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas. Il les fit sortir, et dit: Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé?” = ce texte est un résumé de ce qui s’est dit. De toute évidence, entre “… se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas.” et “Il les fit sortir”, il y a eu un dialogue de Paul/Silas et du geôlier. Luc ne rapporte pas ce discours mais, on peut supposer simplement que Paul lui a parlé de quelque chose qui a abouti à la question du geôlier : “Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé?” Et que cela concernait bien autre chose que d’être sauvé de la colère de ces chefs hiérarchiques. Pourquoi ? Parce que dans le contexte, Jésus ne sauvait pas forcément d’une lapidation, d’une décapitation, d’un châtiment corporel. Paul le savait très bien. Rien ne garantissait que les supérieurs hiérarchiques du geôlier n’allait pas être suffisamment en colère pour tuer tout le monde au vu des dégats dans la prison. Sauf. Sauf si Paul avait reçu une révélation lui affirmant le contraire, comme il a eu sur le navire pour l’équipage. Le texte ne le dit pas ici, mais c’est aussi une possibilité.

    Point très important : “Tout à coup il se fit un grand tremblement de terre, en sorte que les fondements de la prison furent ébranlés; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers furent rompus.” = le geôlier a été témoin d’un phénomène surnaturel unique dans sa vie. Et un phénomène qui n’est pas un souffle doux et léger mais quelque chose qui terrifie. On revient au phénomène des miracles que j’ai évoqué dans un autre débat sur ce blog. C’est de grande importance. Quand on est face à un phénomène “miracle”, soit on nie le fait, soit on vit une prise de conscience qui bouleverse l’être humain… au point d’avoir conscience d’être perdu, dans tous les sens du terme. Ce que le texte ne nous dit pas, c’est ce qui s’est passé dans la tête du geôlier. Pour ma part, quand j’avais 18 ans, j’ai entendu pour la première fois parler de Dieu et de Jésus. J’étais comme ce geôlier, sans connaissance préalable, mais quand le Saint-Esprit m’a illuminé à l’intérieur peu de temps après, j’ai vu clairement mon péché et j’ai pris conscience d’un besoin de salut. Cela ne signifie pas forcément que le geôlier avait une pleine compréhension de tout ce que ce terme signifiait, mais ce qu’il a vécu..
    1- il rencontre des juifs qui lui parlent d’un Dieu unique et d’un messie ressuscité.
    2- il assiste à un évènement surnaturel qui fiche la frousse.
    … a très bien pu l’amener à une prise de conscience liée à un grand désespoir, d’où le réflexe de suicide, et le désir d’être sauvé le tout dans la confusion et la précipitation. Nous, on lit ce texte bien assis au chaud derrière notre poèle en sirotant notre pastis, on le décortique et on cherche une logique dans les réactions, mais ce qui peut nous paraitre incohérent (comme un suicide) peut n’être qu’une réaction émotionnelle irréfléchie, et non logique, au coeur d’un drame bouleversant et déstabilisant. La peur ! Le désespoir ! La panique ! comme pour Judas (qui, à mon avis, ne s’est pas pendu). Psychologiquement/spirituellement, ça me parait plausible.

    J’aimerais dire un mot sur le terme “croire” du verset 31. Ce terme n’a plus rien à voir aujourd’hui avec ce qu’il signifiait à l’époque. Il ne s’agit pas de croire, il ne s’agit pas de croyance, il s’agit de savoir. Je retraduirais cette phrase ainsi : “Sois certains de qui est Jésus et tu entreras dans un processus de salut, tu seras devenant sauvé.” ça parait un peu compliqué dit comme ça, mais ça a beaucoup plus de sens. Peut-on vraiment traduire du grec d’il y a 2000 ans dans du français contemporain juste phrase à phrase ? Une langue véhicule une conception de la vie, de l’existence, de l’univers, du monde, de l’être, et pas seulement des faits, des choses et des actes.

    “Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille.” = voilà comment je comprends cette phrase : Si toi tu découvre qui est Jésus, tu entreras dans un processus de salut. Et il en sera de même pour ta famille si elle fait de même que toi.

    Concernant la question de sauvé pour le ciel ou pas : le texte ne mentionne absolument pas cette notion de ciel. Il ne mentionne pas de quoi être sauvé. ça ne signifie pas que Paul ne l’a pas expliqué au geôlier. Simplement Luc n’en fait pas mention. Certainement parce que Luc n’était pas évangélique et qu’il n’a pas besoin d’expliquer ça comme les évangéliques le font. Il y a tout le Nouveau Testament pour expliquer ça. Pour les évangéliques, effectivement, l’enfer est l’ombre du mot sauvé. Ils sont indissociables. Pour les apôtres, je ne crois pas qu’il en était ainsi. Ils avaient une vision hébraique de la réalité et non pas occidentale-cartésienne, ni grec (aujourd’hui, en occident nous sommes sous l’influence de la pensée grec comme on ne s’imagine pas). C’est un élément qui était peut-être englobé (puisque Jésus parle bien de Géhenne) mais cela dépassait cela et de loin. Il me semble qu’on est plus sauvé “de ne pas connaitre Dieu” que de l’enfer. Le ciel : c’est une notion qu’on a isolé, peut-être à cause de notre conception rationnelle de la réalité. On rationalise tout, alors on divise, on sépare et on analyse les éléments juxtaposé. C’est dramatique et ne correspond pas à la réalité. Le ciel, sans Dieu ça n’existe pas. Le ciel n’est pas “une chose en soi”.

    Pour moi, il y a pire que l’enfer : c’est de ne pas connaitre Dieu. Passer à côté du plus grand, du plus beau, du plus fantastique, du plus immense, du plus gigantesque, du plus merveilleux, du plus éblouissant : faire l’amour avec Dieu (et je ne parle pas là de sexualité). Ne pas parvenir à la stature de Christ. Ne pas aboutir en Dieu. Ne pas être en Lui. Ne pas connaitre son amour pleinement. Ne pas vivre de sa vie coulant en moi. Voilà l’enfer ! Rester moi, en moi, avec moi, pour moi. Sans amour (puisque l’amour c’est lui) et sans vie (puisque la vie, c’est lui). C’est ça l’horreur. Ce n’est pas une question d’aller dans un endroit qu’on appelle “ciel” mais de connaitre quelqu’un qui m’a créer pour le connaitre. Et connaître, c’est naître-avec, s’unir-à.

  30. dimi a dit:

    Oui, Chouraqui a vu juste. Tu connais les commentaires de Chouraqui sur sa propre traduction ? Ce sont des mines d’infos.

  31. tommyab a dit:

    @dimi

    … avez-vous ce fameux évangile en 5 points en Europe?

    ici c’est vraiment la base du mouvement évangélique. et pour la majorité des croyants évangéliques, ça représente “l’évangile”

  32. tommyab a dit:

    … la version Chouraqui est dans ma bibliothèque
    c’est une de mes prochaines lectures…

  33. dimi a dit:

    Mireille,
    concernant les sources, je ne suis pas sûr qu’il faille savoir qu’elle est la source d’une épreuve, d’une souffrance ou d’une difficulté. Pour ma part, je ne m’en préoccupe pas. Ce sur quoi je me concentre dans ces cas, c’est avec qui je la traverse : Jésus, qui tiendra ses promesses, qui sera avec moi, bien plus, il est en moi. C’est la foi : savoir en qui j’ai cru et savoir ce qu’il s’est proposé de faire : finir l’oeuvre qu’il a commencé, me conduire aux noces divines. Proverbe 16;4 : tout a un but. Romains 8;28 : tout concourt…
    amitiés.

  34. dimi a dit:

    Tommy,
    une chose intéressante à noter : en Actes 2;37, Luc nous rapporte une phrase similaire à celle du geôlier : “Frères, que devons-nous faire ?” Cela vient conclure le long discours de Pierre. Peut-être que devant le geôlier, Paul a fait la même chose, lui expliquant, comme à un romain et non comme s’adressant à un juif, tout ce qui concerne Jésus. Et Luc, ne voulant pas ré-écrire tout un long discours passe directement à la conclusion.

  35. dimi a dit:

    Tommy,
    oui, en France nous avons ce même schéma que tu décris en 5 points. Pour le reste de l’Europe, je ne sais pas, mais je crois que c’est un fondement de tout le système évangélique où qu’il soit.

    Concernant Chouraqui, je te conseille la version commentée par lui-même, livre par livre. En haut se trouve les versets et en bas ses commentaires presque verset par verset. Il éclair beaucoup le côté socio-culturel des époques et des peuples et la racine hébreux des mots employé dans le texte original.

  36. dimi a dit:

    Concernant les 5 points, je ferais les commentaires suivants :
    1- Dieu a créé les humains, et il nous aime (« Car Dieu a tant aimé le monde… » – Jean 3:16)
    C’est une erreur ou une incomplètude (j’essaye ce mot, des fois que ça se dirait en québecquois :)
    En fait, Dieu n’a pas créé les humains, mais il est en train de les créer. C’est une différence de taille qui a ses conséquences.
    Par ailleurs, il faudrait définir ce que signifie “être humain”. Le nouveau Testament nous présente le premier Adam et le second Adam. Nous avons tous été planté semence corruptible (premier Adam) pour ressusciter semence incorruptible (second Adam). C’est dans cet aboutissement, ce second Adam, que l’homme devient “à l’image de Dieu”, ce qui est annoncé dès Genèse.

    2- Les humains ont désobéi…
    Les évangéliques axes beaucoup sur ce point et peu sur le fait que l’humanité (le Adam) est entrée dans la connaissance du bien-ET-du-mal (indissociable). Je crois que c’est là la clé du problème. Pas la désobéissance, mais dans quoi l’humanité est entrée. C’est de ça qu’on doit (entre autre) être sauvé. L’humanité devait entrée dans “l’arbre de vie”, qui est Jésus (ou : le pain de vie – on mange le pain (fruit de l’herbe) comme on mange le fruit de l’arbre). C’est cet arbre qui donne la vie. L’humanité étant passé à côté, elle n’est pas entrée dans la vie. Elle a l’existence mais pas la vie (la vie, c’est Dieu). Etre sauvé, c’est être ré-introduit dans la vie divine OU que la vie divine soit introduite en nous.

    … et sont pécheurs (« Car tous ont péché … » – Romains 3:23)
    Il faut définir le sens de ce mot. C’est de passer à côté de ce pour quoi nous sommes fait : vivre en Dieu par Dieu et pour Dieu.

    3- Nous sommes donc sous le jugement de Dieu, et le jugement de Dieu c’est l’enfer éternel (« le salaire du péché c’est la mort » – Romains 6:23)
    Il y a là une logique étrange. Comme si, parce qu’on avait péché, Dieu ne nous aimait plus, alors que Jean 3;16 dit le contraire. Le salaire, dont parle Romains 6;23, signifie : conséquence. Le jugement tombera sur tout le monde. Il est aussi tombé sur Jésus qui n’avait pas péché. Le jugement est synonyme de joie dans les psaumes. C’est l’établissement d’une justice, d’un équilibre, d’un règne.

    4- Jésus-Christ est venu pour mourir à notre place, pour nous réconcilier avec Dieu, et pour nous permettre d’aller au ciel. (« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » – Romains 5:8)
    C’est triste de voir que la croix a été réduit à ce fait seul. Mort à notre place. Alors, qu’il y a là bien plus. Quand Jésus dit que l’Esprit convaincra le monde de justice, de jugement, il explique : “… parce que le prince de ce monde est jugé.” C’est le diable qui a été jugé, condamné, dépouillé !! Mais, c’est aussi vrai que Christ est mort pour nous. Mais, il est aussi mort pour son Père (pour son règne). Et il est aussi mort pour que le premier Adam puisse mourir-ressusciter et ainsi qu’on puisse à notre tour entrer dans cette mort-résurrection (c’est ça “manger l’arbre de vie”). A la croix, il a vaincu le pouvoir du péché et du satan donc il permet à tous d’être libéré de ce pouvoir tyrannique qui se manifeste par toutes sortes de dépressions, violences, dépendances, mauvaise image de soi, obsessions, culpabiblité, etc… C’est aussi de ça qu’on est sauvé (guéri, libéré) par Jésus.
    C’est étrange comme on annonce une mauvais nouvelle au lieu d’une bonne : au lieu de dire au gens : vous pouvez avoir un accroissement de vie, et si vous êtes tourmentés, vous pouvez être délivré, c’est pour ça que Jésus est mort à la croix, on leur dit : attention vous allez être condamné en enfer. On a totalement inversé l’évangile. C’est pour ça que les gens n’en veulent pas.

    5- Ce que les humains ont à faire, c’est simplement de croire en Jésus, se repentir de leur péché. (c’est ici que le verset de Actes 16:31 est inséré: « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé… »)
    Ce que les gens ont “à faire” c’est de savoir ce que Jésus a fait (point 4) et de vouloir en bénéficier. Voilà.

  37. dimi a dit:

    Une question : en Marc 10;17, un jeune homme pas fauché dit : “Que dois-je faire pour…” Je cherche la version la plus proche du texte original (dans la pensée plus que dans la forme littéraire) : hériter ? Obtenir ? Saisir ? Acheter ? Qu’est-ce donc que cela signifiait pour un juif à ce moment de l’histoire ? C’est ça le salut.

    L’idée de l’héritage m’interpelle. La bonne nouvelle c’est : venez chercher votre héritage merveilleux !! C’est disponible, c’est acquis, c’est à vous ! Christ a signé le bon. C’est un peu comme si on disait aujourd’hui : Tu as gagné au loto, viens chercher ton chèque : la vie en abondance. C’est sacrément autre chose que d’éviter l’enfer. Qui voudrait croire en un dieu inconnu pour éviter un danger auquel il ne croit pas ?

  38. tommyab a dit:

    Dimi (suite)

    -mon “analyse” du texte des Actes, si on peut qualifier mon texte ainsi, était simplement pour démontrer que même un amateur peut discerner dans le texte biblique que l’évangile évangélique ne tient pas la route. Alors que la plupart des chrétiens n’utilisent la Parole que pour faire du “proof-texting” (trouver des versets qui cadrent avec leur théorie…).

    malheureusement, bien des pasteurs et des théologiens qui ont étudié plus que moi n’arrivent pas à penser en-dehors de leur boîte. et c’est dommage. ils censurent leurs doutes?? C’est évident que ce que je dis dans ce texte et ce qui est dit dans les commentaire fait en sorte que la plupart d’entre nous seraient qualifié de faux-enseignants, ou de libérales, ou de légalistes … et donc perdrions notre travail si nous étions pasteurs. Est-ce que plusieurs enseignements subsistent simplement à cause de la situation de conflit d’intérêt de plusieurs? est-ce aussi banal? J’ai bien peur que oui.

    et ça me ramène à l’hypothèse initiale que j’avais au début de ce blog: que la structure même de la plupart des églises (pasteurs salariés surtout) est une grande partie du problème. pasteurs salariés=conflit d’intérêt=détérioration du message pour plaire au public(qui se trouve à être aussi les pourvoyeurs du salaire du pasteur)=message simpliste et “gentil”, le “gros bon sens” qui plaît à tous

    -merci beaucoup pour les liens pour les commentaires de Chouraqui, j’en prends bonne note.

    -comment vois-tu la présentation de l’Évangile dans les Actes? La présentation de l’évangile que tu expliques est je pense excellente, et se rapproche beaucoup plus de l’enseignement de Jésus lui-même et des apôtres que l’enseignement typique moderne. Enfin… il me semble. Cependant, je reste avec l’impression que ça demeure individuel. Il me semble que les apôtres présentaient toujours (presque) Jésus comme étant la continuité et l’aboutissement de l’histoire de tout l’ancien Testament, et que l’appel à “croyez, repentez-vous, et soyez baptisés” est fait dans le cadre d’une alliance, et d’une histoire. Nous sommes un peuple. (Pierre parle de ça beaucoup dans 1 Pierre,… voir aussi Tite à la fin du chapitre 2…)

  39. tommyab a dit:

    @dimi

    concernant le jeune homme riche qui a dit “que puis-je faire pour hériter la vie éternelle?”
    hériter serait effectivement le meilleur mot, selon ce que j’en sais.

    j’ai déjà entendu un commentaire qui en fait affirmait que le jeune homme riche parlait selon sa vision de la vie.
    son statut social était hérité. on naissait riche, on mourrait riche. on naissait pauvre, on mourrait pauvre.

    il utilise donc un mot “hériter” qui est en ligne avec la culture environnante.
    il pouvait penser par exemple, qu’il aurait pu “hériter” la vie éternelle, vu son statut de juif, et de membre de la classe riche.

    Jésus détruit sa vision de la vie complètement.

  40. tommyab a dit:

    Dimi

    “C’est triste de voir que la croix a été réduit à ce fait seul. Mort à notre place. Alors, qu’il y a là bien plus. Quand Jésus dit que l’Esprit convaincra le monde de justice, de jugement, il explique : « … parce que le prince de ce monde est jugé. » C’est le diable qui a été jugé, condamné, dépouillé !! Mais, c’est aussi vrai que Christ est mort pour nous. Mais, il est aussi mort pour son Père (pour son règne). Et il est aussi mort pour que le premier Adam puisse mourir-ressusciter et ainsi qu’on puisse à notre tour entrer dans cette mort-résurrection (c’est ça « manger l’arbre de vie »). A la croix, il a vaincu le pouvoir du péché et du satan donc il permet à tous d’être libéré de ce pouvoir tyrannique qui se manifeste par toutes sortes de dépressions, violences, dépendances, mauvaise image de soi, obsessions, culpabiblité, etc… C’est aussi de ça qu’on est sauvé (guéri, libéré) par Jésus.”

    excellent!
    merci.

  41. tommyab a dit:

    la question est maintenant:

    si la fameuse “évangile” en 5 points est introuvable dans les présentations que font les apôtres de la Bonne Nouvelle,
    et si nous sommes convaincu que cette “évangile” en 5 points est “sous-biblique”,
    quelle serait une présentation plus fidèle à la Bonne Nouvelle proclamée par Jésus lui-même, et les apôtres?

    c’est quoi la Bonne Nouvelle??

  42. Michel a dit:

    Je prends cette discussion en cours de route. Ces discussions sont stériles tant qu’on utilise des versions mal traduites de la Bible. Un exemple : nulle part il n’est écrit “travaillez à votre salut”. Nulle part. Mais il est écrit : “mettez en oeuvre votre salut”, ce qui est exactement le contraire : étant sauvés, mettons en oeuvre tous les dons que ce salut nous offre, afin de porter du fruit. Le salut vient d’abord, les oeuvres ensuite. Nous ne faisons pas des oeuvres POUR être sauvés, mais PARCE QUE nous sommes sauvés. Je soulève bcp de ces points dans bibletude.org, je vous laisse le consulter si l’Esprit vous y conduit. Quoi qu’il en soit, retenez ceci : nos bibles sont mal traduites, et la plupart de ces discussions n’auraient pas lieu si par exemple la bible interlinéaire grec/français était consultée plutôt que ces traductions big mac.

  43. Michel a dit:

    Pour répondre à la question “c’est quoi la Bonne Nouvelle??” : tu es une nouvelle création, l’ancien est passé, fini, tout est nouveau, tu ne vis plus : Christ vit en toi. Ton vieil Adam est mort, le dernier Adam, Jésus, est vivant et vit en toi. Tu n’as plus besoin de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : l’Arbre de Vie te suffit. Je ne m’étendrai pas, car je ne ferai que répéter ce que j’ai dit 100 fois sur mon site. Avertissement cependant : bibletude.org est très dangereux pour le vieil homme, qui n’en ressort pas intact…!!! Laissez l’Esprit vous guider!

  44. tommyab a dit:

    @ Michel

    le débat n’est pas “le salut par les oeuvres ou par la foi”, mais en quoi consiste le salut.

    la phrase ” Nous ne faisons pas des oeuvres POUR être sauvés, mais PARCE QUE nous sommes sauvés.” est tellement typique du protestantisme/évangélique… c’est juste pas possible.

    comme si le “salut” était QUELQUE CHOSE qu’on POSSÈDAIT…

    cette phrase présuppose la “définition” habituellement donnée de ce en quoi consiste le salut.
    -salut = sauvé de l’enfer, aller au ciel
    -vie éternelle = notre âme va au ciel pour l’éternité
    -on est “sauvés” dès le jour de notre nouvelle naissance
    -tout est centré sur l’individu

    avec le genre de définition qu’on a habituellement, on se retrouve TOUJOURS avec les 3-4 mêmes grands débats inutiles, et historiquement qui se répètent à l’infini…
    - prédestination ou libre-arbitre
    - le salut par les oeuvres ou non
    - sauvé une fois pour toute (assurance du salut), ou possible perte du salut

    je suggère fortement le texte proposé par Jean-Luc, concernant le dernier point:
    http://blog-porte-parole.blogspot.com/2009/07/le-temps-du-salut.html

    tout ça parce qu’on part du principe que l’Évangile a pour fonction de faire des sauvés.

  45. tommyab a dit:

    “1Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu, -
    2qui avait été promis auparavant de la part de Dieu par ses prophètes dans les saintes Écritures,
    3et qui concerne son Fils (né de la postérité de David, selon la chair,
    4et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts), Jésus Christ notre Seigneur,
    5par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens,
    6parmi lesquels vous êtes aussi, vous qui avez été appelés par Jésus Christ-
    7à tous ceux qui, à Rome, sont bien-aimés de Dieu, appelés à être saints: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ!”

    Romains 1

    Paul nous donne ici une excellente définition.
    Et c’est centré sur Jésus-Christ lui-même.

    Et les questions oeuvres/pas oeuvres, prédestination/libre-arbitre, salut pour toujours/possible perte du salut deviennent un peu ridicules à comparer avec cette présentation faite par Paul.

  46. Michel a dit:

    On ne peut soigner son prochain que si l’on est soi-même en forme. Le salut, c’est avant tout la santé de l’esprit. Le but du salut, c’est les autres, mais il faut commencer par soi-même. Il ne s’agit nullement d’enfer ou de paradis : “le royaume est en vous”.

  47. tommyab a dit:

    tout à fait.

  48. gakari1 a dit:

    Pas que sur les mots, Michel. La forme est aussi un peu importante.
    Tu donnes très souvent l’impression d’avoir tout compris, contrairement aux autres. Le fait de toujours faire référence à ton site y est pour quelque chose, je pense.

    Et tes études sont vraiment intéressantes, je ne le nie pas, mais nous sommes là pour discuter, pas pour proposer des packages théologiques pré-emballés.

    Desolé si c’est trop direct, Michel.

    Yannick

  49. gakari1 a dit:

    En réfléchissant et en occultant les réponses toutes faites, je trouve qu’une des bonnes nouvelles (après réflexion, je crois qu’il y en a plus d’une, finalement) est l’incarnation.
    Le fait que Dieu prenne tant à cœur ses créatures pour s’abaisser Lui-même à mener une vie terrestre pour être le chemin, est exceptionnel.
    C’est le Dieu que je ceux suivre et à qui je veux ressembler.

    Yannick

  50. Michel a dit:

    Pour continuer de répondre à la question sur le salut : le but de Dieu est que nous soyions UN avec Lui, et pour cela Il a fait que nous soyions le corps de Christ, qui Lui-même est UN avec le Père. Le salut est donc premièrement pour Dieu (sa justice) par Christ, mais pas sans nous. Je crois que l’essentiel est là, le reste me semble n’être que des déclinaisons différentes sur le même thème.

    [pour répondre à gakari : je fais référence à bibletude.org parce qu'il constitue un tout, et que de n'en citer que des bribes risque d'amener à des malcompréhensions. Désolé si la forme de mes interventions t'indispose, mais t'es-tu posé la question si ce n'est pas toi qui y vois ce que tu dis ? En ce qui me concerne j'interviens dans les forums pour aider, pas pour me pavaner. D'ailleurs, si je croyais tout savoir je ne viendrais pas sur des sites chrétiens pour m'instruire.]

  51. Michel a dit:

    Un dernier mot : le verset central de la Bible qu’est Jean 3:16. Totalement d’accord avec Dimi, qui dit l’essentiel.

  52. gakari1 a dit:

    Pardon Michel, j’ai mal exprimé ma pensée ou tu as mal compris.
    Tu as raison, je t’ai donné mon ressenti et il n’y a sûrement aucuns rapports avec ton état d’esprit.
    Mais je me suis dit que je ne devais pas être seul à ressentir cela et que la forme de tes interventions dans les divers blogs chrétiens, pouvaient amener les lecteurs à rejeter tout, même ce qui est bon. Ce qui est dommages.

    J’espère que tu tiendras compte de cela.

    Désolé pour ce commentaire houleux, dans cet article.

    Yannick

  53. Michel a dit:

    Yannick, pas de problème. Je préfère 100 fois la franchise au silence ou au faux-semblant. Ceci dit, je comprends qu’on puisse ressentir dans mes interventions une sorte de “j’ai compris – pas vous”. C’est le propre des forums : on ne voit pas la personne, on n’entend pas sa voix.

  54. Paul Armand a dit:

    Bonjour à tous,

    Je commence par dire que je partage ton avis sur ton dernier commentaire Yannick et j’espère que Michel en tiendra compte.

    Je me lance dans une réaction un peu hésitante…en effet, à quoi cela sert-il quelquefois de parler alors que nos vies ont besoin de plus de sa lumière (je me pose surtout la question en rapport avec moi-même).

    Bref, il me semble que les faits des Ecritures sont à aborder avec quelque recul. D’une part parce que nous n’en avons qu’une connaissance limitée et d’autre part parce que ce que le Seigneur fait dépasse bien des fois notre intelligence.

    Par exemple sur le message dit d’évangélisation souvent retrouvée dans les Ecritures, on constate une grande similitude dans des cas différents. Une faible description d’une longue dissertation en l’occurence est une réalité permanente. Dans le cas de Philippe dans le desert, on nous dit qu’il expliqua ce qui devait se passer avec le Christ dans les Ecritures…Paul et Barnabas font pareil avec le Geolier…

    Est ce que comme l’affirme un commentaire il s’agit de rapportages incomplets…ou l’emphase est juste mis sur les conclusions ou sur une sorte “d’essentiel” ? C’est effectivement une possibilité.

    Mais une autre possibilité est que ces faits sont décrits presqu’exactement tels quels…et que dans leur globalité, ils reprennent ce qui s’est passé.

    Et donc d’où viendrait ces réactions suscités par des discours peu abondants, ne mettant presque jamais aucune emphase sur l’homme et sa situation…mais étant quelquefois simplement des discours narratifs sur le Christ…

    Regardez le discours de Pierre à la foule à Jerusalem…Celui de Philippe à l’EUnuque, celui d’Etienne…les nombreux autres de Paul…Ils ont dans le fond la même trame. Ils parlent du Christ…et pas vraiment de l’homme.

    Paul décrit à plusieurs reprises les contenus de ses COMMUNICATIONS.

    “Or je vous fais savoir, frères, l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi reçu, et dans lequel vous êtes, par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous tenez ferme la parole que je vous ai annoncée, à moins que vous n’ayez cru en vain. Car je vous ai communiqué avant toutes choses ce que j’ai aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu’il a été enseveli, et qu’il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures; et qu’il a été vu de Céphas, puis des douze. Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont demeurés en vie jusqu’à présent, mais quelques-uns aussi se sont endormis. Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres; et, après tous, comme d’un avorton, il a été vu aussi de moi. Car je suis le moindre des apôtres, moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’assemblée de Dieu. ”
    (1Co 15:1-9)

    “…mais nous prêchons le Christ Jésus comme Seigneur…” 2cor4:5

    Et on peut ainsi multiplier les références.

    Si cet Evangile dénué de bien de choses peut être efficace, ce n’est pas forcémenty parce qu’il repose sur un argumentaire bien structuré, c’est peut-être parce qu’il est en harmonie avec celui qui envoie prêcher cet evangile et donc qui l’accompagne lui-même.

    Les hommes ne croient pas parce que tout est bien dit…tout est si lancinant, si convaicant, si clair, si structuré, si organisé…ou parce qu’on vout bien l’amour de dieu dedans…ou la peur de l’enfer ou je ne sais pas quoi…mais peut-être simplement parce que le Seigneur atteste dans les coeurs son Evangile…et que dans des mots simples…parfois sans organisation et sans ancrage avec notre besoin de convaincre ABSOLUMENT et par tous les moyens, le Seigneur lui-même agit dans les coeurs pour convaincre.

    En effet, si nous regardons le partage de l’Evangile comme notre affaire seulement ou comme reposant essentiellement sur nos capacités, il y’a bien de débats qui sont possibles. Mais peut-être si le Seigneur lui-même redevient le Maitre de la Moisson, alors nous nous reposerons plus sur son action à lui et pas nos discours à nous…et nous parlerons plus de lui…de la manière la plus simple possible. Comment il est venu, comment il est mort, comment il est rescuscité, comment il vit à la droite de dieu et comment il reviendra. Cet evangile qui ne parle que de lui sera suffisant comme il l’a été dans le passé avec les premiers frères pour amener les hommes à LUI et non pas à un métaphysique salut sur lequel il faudra débats et querelles pour y comprendre quelque chose.

    Alors aussi, peut-être qu’il n’y aura plus de versets centraux (tous les versets des Ecritures soit dit en passant sont centraux…). Et peut-être qu’enfin que nos très sûres réponses n’auront plus autant d’importance que cela devant sa Majesté immense et adorable.

    Voilà un peu mon sentiment que j’ai voulu partager avec vous sur ces échanges.

    Salutations à tous.

    Paul Armand.

  55. tommyab a dit:

    @Yannick

    … l’incarnation !
    Dieu AVEC nous.

    lisez Esaïe 59 en ayant l’histoire de Jésus-Christ en tête.
    (en fait, lisez Esaïe presqu’au complet…)

  56. tommyab a dit:

    @Paul

    merci pour ton commentaire.
    excellente réflexion… comme tu le fais toujours.
    :)

    En effet, nous voyons les apôtres parler de Christ.
    Et non des besoins des humains.

    l’évangélisation typique dans nos églises évangéliques est centrée sur le besoin des humains:
    être sauvé de l’enfer/la misère spirituelle/ le vide existentiel/la “maladie spirituelle”/le non-sens de l’existence/l’esclavage des humains, … etc, etc…
    (selon les variantes… les tactiques d’évangélisations vont insister sur un de ces points…)

    s’étant aperçu assez rapidement qu’avertir les gens de la menace d’un enfer éternel ne fonctionnait plus, les évangéliques modernes se proposent maintenant d’être des hôpitaux des âmes.

    l’évangélisation n’est plus “convertissez-vous et soyez sauvés de l’enfer et allez au ciel” comme c’était le cas il y a 30-50 ans, mais “votre vie n’a pas de sens? vous êtes esclaves de ceci ou cela? croyez en Jésus et vous serez heureux.”

    ces 2 affirmations ne sont pas nécessairement fausses.
    là n’est pas mon point.

    mais c’est une bonne nouvelle qui insiste sur l’humain.

    et ça produit ce que ça produit: beaucoup de croyants qui croient pour des motifs égoïstes.
    et des croyants qui demeurent des enfants, pour qui Dieu est une machine-distributrice supposée me rendre heureux, et donner un sens à ma vie.

  57. tommyab a dit:

    plusieurs pensent que le passage de 1 Corinthiens 15 cité par Paul Armand était une sorte de crédo parmi les premiers chrétiens.

    Paul est très clair “Or je vous fais savoir, frères, l’évangile que je vous ai annoncé…”

    j’ai posé la question plus haut “qu’est-ce que la Bonne Nouvelle”

    c’est pas très compliqué, Paul nous répond entre autres dans Romains 1, et 1 Corinthiens 15: Christ règne.

  58. tommyab a dit:

    on ne peut pas prendre Jean 3:16 et le lire de façon isolée.
    c’est impossible à comprendre sans contexte.
    et c’est beaucoup trop facile d’en faire une formule magique (“tu as dis la petite formule avec moi, et donc tu es sauvé…”)

    l’évangile annoncée par Paul et les autres apôtres est une histoire (voir 1 corinthiens 15, voir les discours de Pierre dans les Actes, voir le discours de Pierre quand il parle à Corneille…)

    un verset ne peut pas raconter une histoire.

    je crois de plus en plus que simplement raconter l’histoire de Jésus sera la meilleure façon de partager la bonne nouvelle.

    Jésus est très interpellant. Et très déstabilisant. Il est toujours surprenant. Et contrairement à nos formules en 5 points, ou nos “répétez-cette-prière-après-moi” manipulateurs, Jésus ne devient jamais répétitif, ennuyant, ou manipulateur, ou non pertinent, ou déconnecté de la réalité des gens, ou désincarné.

    d’ailleurs, les évangiles se nomment “évangile” pourquoi?
    parce qu’ils sont l’évangile.
    c’est aussi simple que ça.

    l’histoire de Jésus EST l’évangile.

    lorsque Luc, Marc, Matthieu, ou Jean se sont assis et ont voulu écrire l’évangile, ils n’ont pas écrit 5 petites phrases faciles un peu comme une sorte de formule. Ils n’ont pas cité un ou 2, ou 3 verset. Ils ont écrit des chapitres entiers.

    et ça a donné “l’évangile” selon Marc
    “l’évangile” selon Matthieu
    “l’évangile” selon Jean
    “l’évangile” selon Luc

    si ces écrits avaient été autres choses que “l’Évangile”, ils porteraient un autre nom.
    si la vie et les paroles de Jésus n’étaient que “la vie et les paroles de Jésus”, les écrits de Matthieu, Marc, Luc et Jean s’intituleraient plutôt: “la biographie de Jésus écrite par Matthieu” … ou Marc, ou Luc, ou Jean.

  59. Dieu a donner sa vie pour nous… La question est, donnerons nous la notre pour lui?

    Christ nous dis ‘demeurer en moi et je demeure en vous’. “Celui qui persevere jusqu’a la fin sera sauve.”

    Nous avons ete sauve, oui, de notre situation. Mais le jugement n’est pas encore passe sure notre demeure eternel.

    Jean 3:16 est complete dans 1 Jean 3:16: 3:16
    Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères.

    Par la peur de dire que nous sommes sauve par nos actes, nous avons jeter par la fenetre l’obeissance! Mais la parole dit que Christ est devenu la source de salut a tous ceux qui lui OBEISSE! :)

  60. tommyab a dit:

    quand je dis que l’évangile n’est pas “être sauvé de l’enfer”, ou “être guéri spirituellement”, ce n’est pas que ces 2 choses ne se produisent pas.

    au contraire.

    mais qu’une “bonne nouvelle” qui n’est que ça, pour ensuite dire aux croyants: “… euh… en passant, obéir à Christ est important…”, ce n’est pas LA bonne nouvelle telle que proclamée par les apôtres. En tout cas, ce n’est pas ce que nous voyons dans les écrits de Paul et dans les discours des Actes. Et c’est presque hypocrite.

  61. Carole a dit:

    bonjour à tous,

    merci en particulier à chacun d’entre vous.
    Comme lors de l’histoire du geôlier, je crois que la bonne nouvelle c’est que Dieu est bien VIVANT au milieu de nous “chaque maintenant” que l’on vit dans la pratique, et que les gens de ce monde matérialiste ont besoin de voir Sa manifestation qui sort de l’ordinaire pour y croire !

  62. tommyab a dit:

    merci Carole !
    ça rejoint ce que Yannick a dit, l’une des bonnes nouvelles c’est que Dieu s’est manifesté et s’est révélé. Il s’est incarné. Il est venu avec nous.
    “voici je suis avec vous jusqu’à la fin du monde”

  63. mireille a dit:

    Merci beaucoup Jean-Luc. Vraiment très bon texte!

  64. dimi a dit:

    Je partage bien les propos de Paul Armand.

    Merci Carole.

    “… mais c’est une bonne nouvelle qui insiste sur l’humain.” = comme tu le dis là Tommy, je crois que c’est un des problèmes fondamentaux des évangéliques : un évangile centré sur l’homme. D’abord, centré sur son salut, puis sur ce qu’il doit faire et peut obtenir. Or, on le voit bien dans les écrits de Paul : c’est Christ le centre, et le but est de connaitre Christ.

  65. dimi a dit:

    A Tommy,
    ” Est-ce que plusieurs enseignements subsistent simplement à cause de la situation de conflit d’intérêt de plusieurs? est-ce aussi banal? J’ai bien peur que oui. et ça me ramène à l’hypothèse initiale que j’avais au début de ce blog: que la structure même de la plupart des églises (pasteurs salariés surtout) est une grande partie du problème. pasteurs salariés=conflit d’intérêt=détérioration du message pour plaire au public(qui se trouve à être aussi les pourvoyeurs du salaire du pasteur)=message simpliste et « gentil », le « gros bon sens » qui plaît à tous” = Je ne crois pas cela. Je pense au contraire que les enseignants sont convaincus de ce qu’ils enseignent, qu’ils sont sincères et n’ont aucune raison (à leurs propres yeux) de remettre en question leur système de croyances. J’ai connu des pasteurs qui ne recevait pas de salaire, ça ne changeait rien. Je crois au contraire que c’est une question de formatage. Le système évangélique produit des convaincus évangéliques par une formation (qu’elle soit au sein d’un cursus théologique fermé ou au sein de la progression dans une assemblée). Cette formation a lieu en autarcie. Leur fonctionnement, après formation, a aussi lieu en autarcie. Les évangéliques ont peu de culture pour la plupart, et n’étudient guère que la pensée évangélique. C’est le même fonctionnement dans d’autres contextes (politique, autres religions, sectes). C’est un phénomène humain qu’on retrouve partout. Les personnes curieuses, qui se posent des questions, qui vont voir ailleurs, qui vont chercher plus loin, sont minoritaires dans la société (c’est ce qui fait le succès de la TV).
    Ensuite, il y a l’appartenance à un groupe social. Remettre ce groupe en question, c’est prendre le risque de perdre son appartenance, donc une partie de son identité.
    Ensuite, il y a l’orgueil de l’homme. J’ai été vivement confronté à l’orgueil de divers pasteurs évangéliques qui fonctionnaient ainsi : “je suis pasteur donc je sais. Tu n’es pas pasteur, donc tu ne sais pas.” En gros, c’était ça dans leur fonctionnement. C’est tragique. Dramatique. Stérile.

    Et je te rejoins sur ce point : “… que la structure même de la plupart des églises (pasteurs salariés surtout) est une grande partie du problème. ” = Pour sortir de ce schéma, il faut étudier des pensées qui sont différentes, rencontrer des personnes qui pensent autrement, qui ont d’autres convictions, qui vivent la foi différemment. Or, ce qu’enseignent les pasteurs c’est surtout : rester dans votre église. Donc dans votre vision, dans votre ghetto (à ce sujet lire : “Sortir du ghetto” de Paul Gosselin). Ensuite, le formatage de la pensée joue son rôle perturbateur. Si je vais lire des auteurs qui ont une vision différente de ce qu’ont m’a enseigné, je vais y trouver une autre manière de voir ou d’exprimer les réalités spirituelles, cette manière m’étant inhabituelle, je la rejette parce qu’elle ne correspond pas à ce que je prend pour vrai. On se retrouve alors dans un phénomène de “boxes”, des églises-boites.

  66. dimi a dit:

    A Tommy,
    “-comment vois-tu la présentation de l’Évangile dans les Actes?” = je ne me suis pas posé la question. Je n’ai pas fait d’analyse à ce sujet. Ce que je garde en mémoire de mes études, c’est que le livre des Actes est un livre historique. Il y a un contexte précis qui n’est pas le notre, donc je ne dirais qu’il faut faire comme on voit faire là.

    “La présentation de l’évangile que tu expliques est je pense excellente, et se rapproche beaucoup plus de l’enseignement de Jésus lui-même et des apôtres que l’enseignement typique moderne. Enfin… il me semble. Cependant, je reste avec l’impression que ça demeure individuel. Il me semble que les apôtres présentaient toujours (presque) Jésus comme étant la continuité et l’aboutissement de l’histoire de tout l’ancien Testament, et que l’appel à « croyez, repentez-vous, et soyez baptisés » est fait dans le cadre d’une alliance, et d’une histoire. Nous sommes un peuple. (Pierre parle de ça beaucoup dans 1 Pierre,… voir aussi Tite à la fin du chapitre 2…)” = Effectivement. L’un (l’individuel) ne va pas sans l’autre (le général). Les apôtres étaient juifs, tous ! Nous, nous ne le sommes pas. ça change beaucoup de choses. Pour eux, c’était effectivement l’accomplissement des promesses de l’A.T. Mais, pour moi, avant de devenir chrétien, je ne savais même pas qu’il y avait eu des promesses quelque part. Et mes contemporains non plus. Et quand on leur parle d’Israel, il ne connaisse rien d’autre que la situation politique actuelle. Nous avons une culture biblique avec des évidences pour nous. Mais pour nos contemporains, une église c’est un bâtiment. Et je trouve rarement des oreilles qui prennent le temps d’écouter une explication complète sur le sujet. Alors, quoi dire ? J’aimerais bien le savoir. Ce que je sais, c’est que lorsque j’ai rencontré Jésus en Esprit, je ne savais rien, mais cela n’a pas fait obstacle à cette rencontre qui a changé ma vie.

  67. dimi a dit:

    A Tommy,
    mais tu as bien raison de faire remarquer qu’on a dissocié le “salut” d’une histoire, des alliances, et bien au delà : de la création. La création a un but dès le début, et ce n’est pas le jardin d’Eden. Tout cela a une cohérence. Mais qui s’en soucie aujourd’hui parmi nos contemporains ?

  68. tommyab a dit:

    à Dimi,
    “Je ne crois pas cela. Je pense au contraire que les enseignants sont convaincus de ce qu’ils enseignent, qu’ils sont sincères et n’ont aucune raison (à leurs propres yeux) de remettre en question leur système de croyances. J’ai connu des pasteurs qui ne recevait pas de salaire, ça ne changeait rien. Je crois au contraire que c’est une question de formatage.”
    tu as probablement raison…
    le problème de la structure est tout de même un problème. (comme tu le dis aussi).

    j’ai souvent eu l’impression que plusieurs jeunes chrétiens, qui avaient visiblement une vocation, avaient complètement détruit cette vocation en se faisant former dans un “collège biblique”… et devenaient de banals pasteurs crédules, et rigides.

    autre perspective… … je me demande si le problème ne pourrait pas être formulé ainsi:
    on met un pasteur/enseignant en charge, et donc les autres dons, en particulier ceux de prophètes, qui remettent toujours tout en question (et n’imaginons pas que ce sont des illuminés qui entendent Dieu parler à chaque semaine, ou qui rêvent des “visions”…. peut-être que ça peut exister, mais mon point est surtout d’insister sur la fonction du prophète qui est de ramené le peuple de Dieu à son appel initial, à lui demander de retourner à Dieu) … et le prophète qui remet toujours tout en question, sera toujours en tension avec le pasteur (berger) qui veut garder le statu quo. Et dans une situation où le pasteur a un pouvoir, le statu quo prévaut.

  69. dimi a dit:

    Effectivement, Tommy, tu mets bien le doigt sur la question du vrai prophète. Il semble y en avoir peu aujourd’hui. Je pense que Serge Tarassenko était un vrai prophète (mais pas reconnu comme tel). Rien à voir avec l’image de la prophétie habituelle.

    Un autre point qui me parait très important dans cette question de structure que tu soulèves, c’est le fonctionnement hiérarchique qui est basé sur le fonctionnement catholique, le fonctionnement des royautés et des démocraties. La position du pasteur dans les assemblée est hiérarchique plus que spirituelle. A partir du moment ou on a convaincu tout le monde qu’on doit se soumettre au chef hiérarchique, plus rien n’est possible. Tout fonctionne sur la peur de transgresser la soumission “divine” imposée. Nous ne sommes plus dans un schéma de véritable église avec des vrais pasteurs qui guident (et une soumission humble et mutuelle), mais dans celui d’une entreprise, ou d’une religion, avec un chef qui dirige. Un christianisme perverti, dénaturé.

  70. Jonathan a dit:

    Autres interprétations de commentateurs sur l’épisode du geôlier, à mon avis plus plausible :

    A)
    - Paul et Silas viennent de passer plusieurs jours à prêcher l’évangile un peu partout en ville, avec en prime une femme hurlant derrière eux : “ils vous annoncent la voie du SALUT”.
    - Paul et Silas ont été jugé sur la place publique, aux yeux de tous
    - Les chefs d’inculpations des nouveaux prisonniers sont très certainement connus du personnel de la prison
    - Paul et Silas prêchaient peut-être aux autres prisonniers (v.25)

    > Le geôlier est donc très susceptible d’avoir entendu la doctrine de Paul et Silas, au moins la base (de la même façon que nous sommes familiers des principales doctrines de l’Islam ou des TJ, même sans y avoir jamais prêté une attention particulière).
    > Frappé par l’événement miraculeux du tremblement de terre et la non-fuite de Paul et des autres prisonniers, il est instantanément convaincu.

    B) Révélation instantanée du Saint-Esprit, juste après l’événement miraculeux (ce qui ne serait pas un cas isolé dans la Bible)

    Voire même une combinaison des 2 interprétations.

    ——————-

    Le “plan de salut” évangelique en 5 points est effectivement réducteur, simpliste et centré sur l’homme et non sur Dieu. Néanmoins, est-il réellement honnête de prendre le livre des Actes comme manuel de référence pour l’évangélisation et la présentation de l’évangile ? Pour moi ça ne veut pas dire grand chose.

    - D’une part, il n’y a qu’en réalité deux présentations de l’évangile faites à des païens dans le livre des Actes (10:34-43 et 17:22-31).

    - D’autre part, il faut faire la distinction entre passages prescriptifs ou théoriques et narrations descriptives (comme ici).

    Sinon on en revient à faire une sorte de “proof-texting par l’omission”, et on utilise en gros la méthode réciproque des “méchants proof-texter”.

    Nulle part Actes ne présente exactement ces 5 points précis et dans cet ordre là, mais ce n’est absolument pas un argument en soi, en tout cas ce n’est pas celui que j’utiliserais pour tenter de démontrer que cette présentation est réductrice, surtout qu’aucun de ces 5 points est “antibiblique” ou hors-sujet.

    D’autant plus que les sermons d’Actes destinés aux juifs peuvent très difficilement être pris comme modèle universel et comme définition de la bonne nouvelle, d’ailleurs la prédication de Paul aux philosophes Athéniens n’a absolument rien à voir avec celles destinés aux juifs.

    Si on veut vraiment prendre comme modèle les prédications aux juifs (2:14-36, 3:11-26, 13:16-47) cela donnerait :

    1) Background OT
    2) Le Jésus que vous avez crucifié : ses miracles, sa mort et sa résurrection
    3) Croyez en lui, repentez vous pour la rémission des péchés

    Pas sûr que ce soit plus logique et plus accessible pour un occidental du 21ème siècle.

  71. tommyab a dit:

    @ Jonathan

    merci de te joindre à cette discussion

    je suis en gros bien d’accord avec la première partie de ton commentaire.
    il y a fort probablement des éléments omis par l’auteur dans le texte, qui ont fait en sorte que le message de Paul et Silas (“crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé”) ne fut pas balancé comme ça dans le vide.

    pour ce qui est de la 2e partie de ton commentaire concernant les “5 points évangéliques”…
    tu dis: “surtout qu’aucun de ces 5 points est “antibiblique” ou hors-sujet”

    là n’est pas le point.
    la façon dont on présente le salut n’est pas banale.
    et force est de constater que la présentation évangélique a produit une très grande proportion de “chrétiens” complètement aucunement intéressés à suivre Christ.
    c’est très logique: l’évangile qu’ils ont cru ne contient aucune mention d’une quelconque notion du fait que Christ est Seigneur.

    or, les évangiles sont clairement des histoires qui mettent l’emphase sur le fait que Christ est un Roi qui demande une allégence complète et totale de la part de ceux qui veulent le suivre. Matthieu débute par la généalogie qui démontre que Christ descend de David, ensuite la visite des mages, ensuite la présentation faites par Jean-Baptiste, et le Sermon sur la Montagne.

    On n’a pas affaire ici à un téteux de “wannabe-sauveur” à qui on fait une faveur en daignant “l’accepter” dans notre coeur….

    Marc c’est semblable.
    Luc débute avec les glorieux cantiques de Marie et de Zacharie, qui sont sans équivoque sur la nature royale de Jésus.
    Jean débute dans l’éternité, et situe l’origine de Jésus avant la création, et nous dit en fait que Jésus est l’incarnation de Dieu.

    Pourquoi les évangiles sont nommées “évangiles” ???
    Ne serait-ce pas parce que c’est ce qu’elles sont?

    il nous faut retrouver cette façon de raconter l’évangile, qui soit plus qu’une série de croyances.
    avant même d’avoir des points théologiques hyper-logiques, les premiers croyants avaient des histoires (voir l’extrait d’un livre de Hauerwas que j’ai mis en ligne récemment: http://tommyab.wordpress.com/2011/12/04/un-peuple-qui-raconte-des-histoires/)

    un système de croyance a plusieurs désavantage.
    inutile de constater que les chrétiens ont toujours été divisé sur les croyances, y compris dans le mouvement évangélique (et même plus en fait), et y compris dans les sous-groupes du mouvement évangélique: les divisions qui s’excluent les uns les autres vont jusqu’au ridicule (… ne pensont qu’aux discussions/divisions à propos de la forme de la Cène, ou du voile des femmes parmi les assemblées des frères…).
    un système de croyance contient une logique, qui finit par produire des hérésies. On n’a qu’à penser au système calviniste, qui est d’une logique mathématique (presque scientifique!) implacable, mais qui finit par produire la double-predestination, et pratiquement une déterminisme intégral de toute vie humaine (dans certains sous-groupes calvinistes…). En réalité, un système de croyance ne pourra jamais arriver à saisir et à décrire toute la complexité de la réalité et de la révélation biblique. La vérité est souvent paradoxale.

    c’est justement l’avantage des histoires.
    Jésus n’est pas venu en nous dictant des dogmes et des séries de “5 croyances faciles et allez au ciel”.
    Non. Il est venu et a raconté des paraboles.

    les apôtres dans les Actes ne se sont pas évertué à débattre sur les mécanismes de l’expiation, sur le comment du pourquoi la mort de Jésus permettait le salut (genre de “détails” qui sont devenus hyper-détaillés et hyper-définis dans notre christianisme protestant/évangélique, et hyper-rigides et bétonnés: en gros la substitution pénale… ce qui date du moyen-âge, et qui n’a pas fait l’unanimité avant le mouvement évangélique)
    non. Ils ont raconté UNE histoire. Celle de Jésus.

    si l’évangile est contenue dans ces 5 points, pourquoi Matthieu, Marc, Luc, ou Jean n’ont-ils tout simplement pas débuté leur évangile, avec ce genre de paroles: “croyez ceci, cela, ceci, et cela… et puis juste pour votre intérêt général voici dans les 28 prochains chapitres l’histoire de Jésus… qui soit dit en passant n’a aucun réel intérêt puisque si vous croyez ces 4-5 points vous êtes sauvés.”

  72. tommyab a dit:

    … concernant “l’unanimité” des évangéliques sur la nature de l’expiation…
    ça fait tellement unanimité qu’une bonne partie d’entre eux ont du mal à imaginer qu’il y ait eu plus que quelques sauvés avant l’arrivé de “saint”-Luther et Calvin…. On se préoccupe du fait que les gens d’avant la “réelle” compréhension de l’évangiles aient “réellement compris” (biais éminemment protestant-évangélique: la compréhension intellectuelle est tout)

    plusieurs d’entre nous lisons les pères de l’églises et sommes mal à l’aise et avons vraiment l’impression qu’ils errent, parce qu’ils sont “bien évidemment beaucoup trop” catholiques.

    … dans la vie réelle, dans le pratique et concret, ce qui compte vraiment n’est pas le dogme, mais la personne que je suis en train de suivre. Et pour nous permettre de suivre cette personne, il nous faut connaître son histoire, et l’histoire de ceux qui l’ont suivi.

  73. tommyab a dit:

    “Une histoire est le moyen fondamental de parler à propos de Dieu et de l’écouter, le seul moyen humain qui soit à notre disposition, qui est assez complexe et intéressant pour nous faire comprendre ce que signifie que d’être avec Dieu.” – Stanley Hauerwas et William Willimon – Resident Alliens

    … mais bien entendu… nous nous sommes évolué, et nous n’avons besoin que de 5 points simples présentables en 5 minutes.

    mais nous obtenons le fruit de ce que nous avons semé.
    des églises pleines de chrétiens “culturels”, content d’être satisfait de la “belle choral” et contents de faire partie de la bonne gang (celle qui va aller au ciel)… parce qu’ils ont dit la bonne formule magique… et qu’ils croient “la bonne affaire”

    (désolé le sarcasme)

  74. Jonathan a dit:

    Merci pour ta réponse.

    Je ne sais pas si tu as simplement survolé mon post mais tu noteras que j’étais d’accord avec toi dans le fond, je ne défends pas cette “présentation en 5 points”, je la trouve moi aussi simpliste, se limitant simplement à la substitution pénale, pas du tout centrée sur une relation avec Dieu, pas du tout centrée sur la seigneurie de Jésus, etc.

    Je questionnais simplement ton argument “ce n’est pas mot pour mot dans Actes, donc ce n’est pas l’Évangile”, qui est à mon humble avis un argument invalide pour les raisons précitées.
    ———

    Bien sûr qu’il faut “raconter” Jésus-Christ et ne pas présenter 5 points logiques froids et théoriques, c’est évident.

    Mais j’ai le sentiment que tu fais une fausse dichotomie entre doctrines et présentation équilibrée de l’évangile. Je ne pense pas que l’on doive choisir entre l’un et l’autre; il faut les deux !

    Un système de croyance n’est d’aucune utilité en dehors de Jésus, mais sans cette colonne vertébrale et un minimum de convictions, nous sommes voués à l’égarement (je fais référence aux doctrines cardinales ici, pas aux points secondaires…)

    Romains, Galates, Hébreux et le reste des épîtres sont bien dans la Bible… et pourtant elles sont littéralement inondées de ce que tu appellerais “débats inutiles doctrinaux”, elles multiplient les mises en garde contre les dérives théologiques et exhortent à rester dans la saine doctrine.

    Il est à mon avis bien naïf de penser que le phénomène des chrétiens “culturels” serait absent s’il n’y avait pas de système théologique… va donc jeter un coup d’oeil dans une église émergente ou une église protestante libérale, on y trouve simplement des types de personnes différentes adhérant à un concept d’église différent.

    On peut très bien souscrire à un système doctrinal en évitant les grossières erreurs que tu cites ici… “accepte ces 5 points pour être sauvé puis rejoint notre club de divertissement”, tout centrer sur la substitution, etc.

    Faisons la distinction entre résumer l’évangile en “5 points bâteaux” et adhérer à des théologies systématiques complètes et complexes comme l’arminianisme, le luthérianisme ou le calvinisme…

    “… dans la vie réelle, dans le pratique et concret, ce qui compte vraiment n’est pas le dogme, mais la personne que je suis en train de suivre. Et pour nous permettre de suivre cette personne, il nous faut connaître son histoire, et l’histoire de ceux qui l’ont suivi.”

    Mais ces systèmes ne font que pointer vers Dieu, résumer son caractère, son oeuvre et ses prescriptions d’une façon cohérente, en théorie ce n’est jamais quelque chose de déconnecté de sa personne.

  75. tommyab a dit:

    merci Jonathan…

    il est toujours difficile de bien saisir ce que veut dire un commentaire écrit.
    … et je suis très souvent prompt à attaquer “tout ce qui bouge” sans assez tenir compte de ce que dit cette chose qui bouge.

    pour ce qui est de la “doctrine”… il nous faut cependant mettre certaines nuances.
    nous avons, en occident, depuis la renaissance surtout, une notion très dichotomique de la “doctrine”.
    On n’a qu’à voir la façon dont les pasteurs, et les membres du clergé sont entraînés: c’est de l’académisme. On dit que le christianisme c’est d’abord une vie, que c’est le regroupement de ceux “de la voie” (voir Actes), mais dans la réalité, on entraîne nos leaders par des milliers d’heures d’apprentissage intellectuel, avec 3-4 stages dans les dernières années.

    Si on compare avec l’entraînement que faisait Jésus avec ses disciples, ou encore Paul avec Timothée, Luc, Silas, et les autres, ou encore Saint-Patrick avec ses moines, ou d’autres…. on n’est à des années-lumières, et ça démontre bien que notre notion de “doctrine” est probablement très éloignée de ce que Paul ou les autres apôtres entendaient par “doctrine”.

    Un exemple que je trouve assez éloquent se trouve dans Tite.
    Paul écrit au chapitre 2: “Pour toi, dis les choses qui sont conformes à la saine doctrine.” (v. 1)
    … et s’en suit une série de recommendation très pratiques sur comment les vieux/vieilles, les jeunes femmes, les jeunes hommes, les serviteurs, doivent se comporter.

    doctrine=pratique

    pour ce qui est des systèmes doctrinaux…. je ne vois tout simplement pas l’avantage.
    Limitons-nous aux églises protestantes/évangéliques: sur des questions de systèmes de doctrines, vous vous retrouvez avec 10 communautés qui vivent en parallèle dans le même quartier pendant des decennies. Si toutes ont raison, personne n’a raison. Si une seule a raison, et si le système doctrinal est si important, alors tout les autres sont dans l’erreur et l’hérésie, et perdent leur temps. Si ça a tant d’importance, IL FAUT convaincre tous de joindre LE système que moi je considère vrai. Mais si dans le fond, on croit que tous les évangéliques sont dans la vérité “concernant les points essentiels”, mais divergent sur le détail de leurs systèmes de doctrine, aussi bien dire que ces détails n’ont AUCUNE importance.

    On ne peut pas dire que quelque chose est important et en même tant dire que dans le fond il s’agit d’une conviction personnelle. Ce genre de “vérités” molles ne sert à rien. S’il ne s’agit que de conviction personnelles, ou de groupe, ça n’a en réalité que très peu d’importance. Or, le gros de l’entraînement académique de nos étudiants de théologie et d’étude biblique consiste à étudier ces points spécifique de leur traditions religieuses respectives…

  76. tommyab a dit:

    pour ce qui est de l’entraînement, je noterais cependant qu’il existe des exceptions, par exemple ce que fait Jeunesse en Mission.

  77. tommyab a dit:

    “Il est à mon avis bien naïf de penser que le phénomène des chrétiens “culturels” serait absent s’il n’y avait pas de système théologique…”

    … le gros du problème vient en fait de la dichotomie que nous avons entre la “bonne croyance” (la bonne doctrine) et le pratique.

    je connais des croyants qui savent à peine lire, qui ne pourraient pas vous définir clairement ce en quoi ils croient, qui en fait croient souvent des inepties incroyables,… mais qui VIVENT l’humilité, l’amour, et la vérité qui sont en Christ.

    je préfère des “ignorants” qui tentent de vivre réellement le christianisme, que des chrétiens pour qui le salut consiste en un processus qui s’est produit dans leur pensée il y a quelques années, et pour qui l’utilité de l’église se résume à leur donner un réseau social de gens qui pensent comme eux. Et peu importe le comportement de ces chrétiens, leur “salut” est assuré, puisqu’ils définissent le salut comme une assurance de ne pas brûler en enfer, et le moyen de ce salut comme étant une opération de leur propre pensée qui un jour est devenu d’accord avec la “bonne” vérité.

    à cela, la réponse qu’on nous sert souvent, c’est qu’on peut être “sincère, mais sincèrement dans l’erreur”, … ou encore que les personnes vertueuses qui ne sont pas dans la “bonne église” sont forcément des gens qui sont vertueux par orgueil.

    j’y vais probablement un peu fort. En fait, une bonne partie des croyants évangéliques ont le désire sincère de plaire à Dieu. Mais une partie très significative non. Et nos définitions de “bonne doctrine”, “salut”, “conversion”, “église” font en sorte qu’en fait ces gens ne sont que la conséquence logique de qu’on leur a prêché.

    “tout système est parfaitement concu pour donner les résultats qu’il donne”… c’est une drôle de phrase que j’ai trouvé dans The divine conspiracy de Dallas Willard.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 163 followers