Cela a fait 3 ans l’été dernier que j’écris sur ce blog.
Il me serait difficile d’identifier les raisons exactes pour lesquelles j’ai commencé à écrire ici… Et relisant mes anciens articles, certains me font sourire, d’autres me font honte, d’autres je les endosse encore pleinement… et d’autres je les ai carrément retiré du blog.
J’ai démarré en étant un peu "en feu" (certains diront beaucoup…), en croisade pour "annoncer la bonne nouvelle", ces découvertes que je faisais dans mes réflexions et mes lectures, et pour convaincre tous ceux qui ne pensaient pas comme moi.
Une des probable raison de ce blog, à l’époque, était de trouver des gens qui avaient le même genre de questions et de réflexions que moi. Évidemment, écrire et interagir avec les gens qui font des commentaires m’aident à réfléchir, et à mettre de l’ordre dans mes idées.
Et c’est en écrivant qu’on apprend à écrire…
Fondamental aussi, la lecture en 2008 du livre Discipleship de Dietrich Bonhoeffer avait eu pour moi l’effet d’une bombe. Ce fut le commencement d’une exploration qui continue encore. Il fut le premier à me faire voir un caractère essentiel de la grandeur du christianisme, un aspect trop peu présent dans l’église évangélique: la réalité de l’église en tant que la présence de Christ dans ce monde. L’église n’étant pas une banale association de croyants, mais bel et bien le corps de Christ, et par le fait même, la présence de Dieu sur terre. Le titre original du blog ("Christ en vous, l’espérance de la gloire") était inspiré de cette lecture.
J’avais depuis 2004 rejeté complètement l’église évangélique dans laquelle j’avais grandi, n’y voyant que des clubs de sauvés qui se chicanent entre eux, s’adressant aux incroyants comme des publicitaires immondes et sans scrupules, ayant comme principal agenda l’objectif de se créer une sous-culture déconnectée du monde, et n’ayant absolument aucune crédibilité. Aucune. Aucune comme dans zéro.
C’était là la perception d’un jeune idéaliste fini, qui avait trop vu de divisions, et trop d’incohérences dans le discours et le vécu, trop d’agendas politiques qui donne à l’église une odeur fétide et avariée, trop de leaders puériles, ou d’autres carrément mal intentionnés. Pendant certaines périodes, j’aurais préféré devenir bouddhiste ou militant athée, plutôt que de faire partie de "cela".
Or, ce "cela" est une partie du corps de Christ… Ce que je ne voulais pas, en 2004.
Avec le recul, je vois que cette réaction fut celle, justement, d’un jeune idéaliste, … qui n’avait pas suffisamment appris la grâce (ou pas du tout). Et qui avait besoin d’être humilié pour apprendre (un peu du moins) l’humilité.
"Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel.
Il est bon pour l’homme De porter le joug dans sa jeunesse.
Il se tiendra solitaire et silencieux, Parce que l’Éternel le lui impose;
Il mettra sa bouche dans la poussière, Sans perdre toute espérance…"
Lamentations 3
C’est dans ce contexte que j’ai par la suite changé le titre du blog ("Chercher… Trouver"), puisque je voulais être moins celui qui a trouvé tout et qui veut convaincre tout le monde, que celui qui cherche, tout en aillant la conviction profonde qu’il trouvera. Et ce qu’il trouve, c’est souvent qu’il doit encore chercher, et que la route n’est jamais terminée, mais qu’il n’est pas seul sur cette route.
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Qu’est-ce qui m’a donné la certitude que nos histoires ont un sens? Que l’on finit par arriver quelque part? Que celui qui cherche trouve?
Une enfance à avoir le coeur et l’esprit formés et imbibés d’histoires extraordinaires de foi et de courage sans limite. Ces histoires sont comme une ancre qui tient le coeur et l’esprit, un rocher qui donne une conviction plus que profonde que "Dieu est vrai et a raison", même si nous n’avons aucun indice tangible pour rassurer nos intelligences et nos sens de cette réalité. Aucun raisonnement, aucune logique, aucune démonstration ne peut arriver à la cheville d’une histoire de foi "impossible" quand vient le temps de rassurer une âme qui n’arrive plus à croire que Dieu est réel.
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À lire les commentaires réagissant à ce que j’écris depuis 3 ans, je constate certaines choses. Certainement, que mes préoccupations et les choses que je dénonçais sont de vrais problèmes et méritent qu’on s’y attardent.
Le problème réside essentiellement dans la manière. C’est dans cette manière que se construit la crédibilité. On finit par apprendre (ou encore est-ce une autre grâce de Dieu à mon égard qu’il m’ait ouvert les yeux à ce sujet) que pour parler et dire "la vérité", celui qui la dit a besoin d’une autorité. Sinon, personne ne l’écoute, quand bien même il citerait les évangiles elles-mêmes mots pour mots.
Traditionnellement, et encore aujourd’hui dans une certaine mesure, cette autorité était assise sur une position donnée par une organisation ecclésiastique. Ou encore, dans le contexte évangélique bien spécifique, cette autorité se base sur "la Parole". Si par le passé l’auditoire a pu être clément envers celui qui parle (ou encore, captive par un consensus social contraignant), et qu’il a accepté sans trop broncher de respecter ces 2 formes d’autorité, aujourd’hui nous sommes dans un contexte qui ne pardonne plus. La crédibilité de celui qui parle (ou écrit) est ce qui décide de la vie ou de la mort de ses paroles. Cette crédibilité est probablement la seule base réelle sur laquelle se fonde l’autorité de ses paroles.
Et comment se construit cette crédibilité?
Une réponse longue:
"À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres." (Jean 13:35)
"Moi Paul, je vous prie, par la douceur et la bonté de Christ, -moi, humble d’apparence quand je suis au milieu de vous, et plein de hardiesse à votre égard quand je suis éloigné, – je vous prie, lorsque je serai présent, de ne pas me forcer à recourir avec assurance à cette hardiesse, dont je me propose d’user contre quelques-uns qui nous regardent comme marchant selon la chair. Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair. Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ." (2 Corinthiens 10)
"Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu." (1 Corinthiens 2:1-5)
Une réponse courte: l’amour.
………….
"Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n’ai pas l’amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit. Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j’ai même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien."
1 Corinthiens 13:1-2
Je reprends cette phrase : "…celui qui cherche, tout en aillant la conviction profonde qu’il trouvera. Et ce qu’il trouve, c’est souvent qu’il doit encore chercher, et que la route n’est jamais terminée",
parce qu’elle me fait rebondir sur une des phrases du Seigneur quand il dit qu’IL EST LE CHEMIN.
La façon de marcher sur le chemin de la Vie en Christ ne peut se faire que si nous empruntons SON CHEMIN. Je veux dire par là que quels que soient les obstacles que nous rencontrons chaque jour, la solution est LA SIENNE, et bien évidemment elle est éternelle, nous n’arrèterons jamais.
Ca fait déjà plusieurs mois que je lis ton blog, plus ou moins fidèlement :-), mais ça me pousse à réfléchir à chaque fois.
Dans la lecture de ton blogue, avec ce que je vis et avec ce que j’entends d’autres dire autour de moi, il me semble que je vois des gens qui veulent sortir du moule, sortir du moule traditionnel de l’église. On se rend bien compte que l’église devrait être plus qu’une question de lois, de traditions. Que l’église, c’est bien plus que le dimanche matin. On voit bien que l’église se referme sur elle-même alors qu’elle devrait briller et aimer.
À certains moments, je perds espoir. Est-ce que les choses peuvent changer? Et il est vrai que dans ces moments-là, je n’écris de très belles choses sur l’église et l’amertume gagne mon coeur.
Dieu est bon parce qu’il réussit toujours à me faire voir les choses différemment, à me faire aimer son église. Probablement parce qu’il l’aime beaucoup aussi. Mais en même temps, je refuse le statut quo et de faire l’autruche. Par mes gestes, j’essaie de changer les choses petit à petit. J’essaie de garder en tête que l’église, cest les gens et que je dois les aimer.
Cher Tommy,
Ce billet m’a plongé moi même dans un moment de nostalgie…ou plutôt de rétro. J’ai revu tous les billets publiés depuis le premier parfois sans tout lire…ou sans tout visionner. J’ai aussi refait le tour des divers commentaires et interactions.
Que le Seigneur soit loué pour cet espace privé qui est devenu un espace où des rencontres peuvent se faire en son nom et pour lui. En effet, en reparcourant le blog et malgré quelques couacs, j’ai revu ce qui m’a m’avait frappé dès le départ…un espace où s’exprime une recherche sincère du Seigneur.
Personnellement, ca fait deux ans que je suis le blog et je pense que le Seigneur l’a utilisé d’une manière certaine dans ma vie…Pas seulement parce que certaines réflexions m’on replongé au coeur de certaines des réflexions que j’avais déjà…mais surtout parce que cela fait quand même un moment que j’étais réservé, voir fermé, m’autorisant juste quelques contacts avec quelques personnes bien précises. Au delà de l’environnement du blog, je pense qu’une certaine ouverture s’est effectuée qui me plonge depuis quelques jours dans la question du rassemblement, et de la vie qui doit pouvoir aller avec. Bref, de nouveaux questionnements, de nouvelles méditations dans lesquels j’espère au Seigneur pour des issues qui me semblent être des issues qui seront sans cesse renouvelés.
Un jour j’ai montré le blog à un frère et ami plutôt très proche. Il me semble d’ailleurs qu’il avait laissé un commentaire plutôt caustique sur le caractère ‘charnel’ des discussions. Et j’ai vu aussi une ou deux remarques lors des échanges sur l’aspect "présence du Saint Esprit versus discussion charnelle"…Je suis très souvent réservé aux échanges sur la foi sur Internet et je n’y participe presque jamais. Mais sur ce point précis, ce que j’ai aimé sur le blog depuis les deux ans….c’est qu’il s’agit d’échanges de frères qui cherchent…et pas qui connaitraient une certaine vérité et l’imposeraient au nom d’un saint Esprit dont ils auraient reçu le cachet. Qu’il y ait des erreurs, des égarements, de l’idéalisme dans ce contexte me semble sain…parce qu’au moins, c’est ce qui est vrai, honnête, boiteux et imparfait…qui cherche celui qui est la VERITE. Je reste convaincu que c’est à des personnes imparfaites, qui sont dans l’erreur mais qui y sont honnêtement pour aller dans le vrai que le Seigneur se révèle. Ceux qui ont touts les réponses n’ont plus besoin de réponses même si pour la forme, ils prétendent être comme les autres. Mais quand le Seigneur se révèle, nous sommes sans cesse entrain de nous remettre en question. Chaque réponse est une nouvelle question devant lui…Et nos vies ne se fondent pas sur des certitudes, mais sur sa personne. Nous apprenons certes à vivre avec fermeté et conviction, mais nous nous comportons avec beaucoup de relativité et de détachement quant à pas mal de choses. Bref il s’arrange que nos convictions et nos fermeté ne deviennent pas le sillon de nos vies…à la place de lui-même. J’ai un peu de mal à m’exprimer clairement là dessus…mais bon.
J’ai constaté aussi que tu avais effectivement enlevé quelques d’articles. Je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi. En effet, une des grandes richesses des billets n’est pas forcément dans leur exactitude absolue…mais aussi dans ce qu’ils suscitaient comme réaction et qui permettait de corriger, d’approfondir, de rectifier, ou d’orienter ou réorienter…En tout cas ça a été le cas pour moi et il m’est arrivé de partager des billets sur certains sujets comme celui des 05 ministères pour des frères qui faisaient la réflexion…non pas pour apporter la réponse qui serait contenue dans le billet ou les commentaires…mais pour qu’ils voient aussi ce qu’ailleurs d’autres frères échangent sur la question et soient davantage portés sur le Seigneur dans les réflexions qu’ils font en sachant qu’ils ne sont pas les seuls dans ces réflexions.
En tout cas, je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai pu apprendre au travers du blog et pour ce que le seigneur a apporter dans ma vie dans ces moments d’interactions.
Salutations et courage à toi.
Paul Armand
merci Paul.
merci.
sincèrement.
il faudra très sérieusement que j’envisage la possibilité qu’on se voit pour vrai un jour…
"Je reste convaincu que c’est à des personnes imparfaites, qui sont dans l’erreur mais qui y sont honnêtement pour aller dans le vrai que le Seigneur se révèle."
… mon Dieu … que dire???
merci.
je prends bien note de ta suggestion.
je vais reconsidérer tous les articles que j’ai enlevé, et je vais probablement en remettre certains..
Ton blog a eu (et a encore) beaucoup plus d’influence (positive ;) ) que tu ne peux l’imaginer, je crois!