Un vidéo par Alan Hirsch

 

J’ai déjà mis ce vidéo … mais je le trouve encore vraiment très bon…

Réflexions sur 3 ans de blog

Cela a fait 3 ans l’été dernier que j’écris sur ce blog.

Il me serait difficile d’identifier les raisons exactes pour lesquelles j’ai commencé à écrire ici… Et relisant mes anciens articles, certains me font sourire, d’autres me font honte, d’autres je les endosse encore pleinement… et d’autres je les ai carrément retiré du blog.

J’ai démarré en étant un peu "en feu" (certains diront beaucoup…), en croisade pour "annoncer la bonne nouvelle", ces découvertes que je faisais dans mes réflexions et mes lectures, et pour convaincre tous ceux qui ne pensaient pas comme moi.

Une des probable raison de ce blog, à l’époque, était de trouver des gens qui avaient le même genre de questions et de réflexions que moi. Évidemment, écrire et interagir avec les gens qui font des commentaires m’aident à réfléchir, et à mettre de l’ordre dans mes idées.

Et c’est en écrivant qu’on apprend à écrire…

Fondamental aussi, la lecture en 2008 du livre Discipleship de Dietrich Bonhoeffer avait eu pour moi l’effet d’une bombe. Ce fut le commencement d’une exploration qui continue encore. Il fut le premier à me faire voir un caractère essentiel de la grandeur du christianisme, un aspect trop peu présent dans l’église évangélique: la réalité de l’église en tant que la présence de Christ dans ce monde. L’église n’étant pas une banale association de croyants, mais bel et bien le corps de Christ, et par le fait même, la présence de Dieu sur terre. Le titre original du blog ("Christ en vous, l’espérance de la gloire") était inspiré de cette lecture.

J’avais depuis 2004 rejeté complètement l’église évangélique dans laquelle j’avais grandi, n’y voyant que des clubs de sauvés qui se chicanent entre eux, s’adressant aux incroyants comme des publicitaires immondes et sans scrupules, ayant comme principal agenda l’objectif de se créer une sous-culture déconnectée du monde, et n’ayant absolument aucune crédibilité. Aucune. Aucune comme dans zéro.

C’était là la perception d’un jeune idéaliste fini, qui avait trop vu de divisions, et trop d’incohérences dans le discours et le vécu, trop d’agendas politiques qui donne à l’église une odeur fétide et avariée, trop de leaders puériles, ou d’autres carrément mal intentionnés. Pendant certaines périodes, j’aurais préféré devenir bouddhiste ou militant athée, plutôt que de faire partie de "cela".

Or, ce "cela" est une partie du corps de Christ… Ce que je ne voulais pas, en 2004.

Avec le recul, je vois que cette réaction fut celle, justement, d’un jeune idéaliste, … qui n’avait pas suffisamment appris la grâce (ou pas du tout). Et qui avait besoin d’être humilié pour apprendre (un peu du moins) l’humilité.

"Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel.
Il est bon pour l’homme De porter le joug dans sa jeunesse.
Il se tiendra solitaire et silencieux, Parce que l’Éternel le lui impose;
Il mettra sa bouche dans la poussière, Sans perdre toute espérance…" 

Lamentations 3

C’est dans ce contexte que j’ai par la suite changé le titre du blog ("Chercher… Trouver"), puisque je voulais être moins celui qui a trouvé tout et qui veut convaincre tout le monde, que celui qui cherche, tout en aillant la conviction profonde qu’il trouvera. Et ce qu’il trouve, c’est souvent qu’il doit encore chercher, et que la route n’est jamais terminée, mais qu’il n’est pas seul sur cette route.

…………………

Qu’est-ce qui m’a donné la certitude que nos histoires ont un sens? Que l’on finit par arriver quelque part? Que celui qui cherche trouve?

Une enfance à avoir le coeur et l’esprit formés et imbibés d’histoires extraordinaires de foi et de courage sans limite. Ces histoires sont comme une ancre qui tient le coeur et l’esprit, un rocher qui donne une conviction plus que profonde que "Dieu est vrai et a raison", même si nous n’avons aucun indice tangible pour rassurer nos intelligences et nos sens de cette réalité. Aucun raisonnement, aucune logique, aucune démonstration ne peut arriver à la cheville d’une histoire de foi "impossible" quand vient le temps de rassurer une âme qui n’arrive plus à croire que Dieu est réel.

…………………

À lire les commentaires réagissant à ce que j’écris depuis 3 ans, je constate certaines choses. Certainement, que mes préoccupations et les choses que je dénonçais sont de vrais problèmes et méritent qu’on s’y attardent.

Le problème réside essentiellement dans la manière. C’est dans cette manière que se construit la crédibilité. On finit par apprendre (ou encore est-ce une autre grâce de Dieu à mon égard qu’il m’ait ouvert les yeux à ce sujet) que pour parler et dire "la vérité", celui qui la dit a besoin d’une autorité. Sinon, personne ne l’écoute, quand bien même il citerait les évangiles elles-mêmes mots pour mots.

Traditionnellement, et encore aujourd’hui dans une certaine mesure, cette autorité était assise sur une position donnée par une organisation ecclésiastique. Ou encore, dans le contexte évangélique bien spécifique, cette autorité se base sur "la Parole". Si par le passé l’auditoire a pu être clément envers celui qui parle (ou encore, captive par un consensus social contraignant), et qu’il a accepté sans trop broncher de respecter ces 2 formes d’autorité, aujourd’hui nous sommes dans un contexte qui ne pardonne plus. La crédibilité de celui qui parle (ou écrit) est ce qui décide de la vie ou de la mort de ses paroles. Cette crédibilité est probablement la seule base réelle sur laquelle se fonde l’autorité de ses paroles.

Et comment se construit cette crédibilité?

Une réponse longue:

"À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres." (Jean 13:35)

"Moi Paul, je vous prie, par la douceur et la bonté de Christ, -moi, humble d’apparence quand je suis au milieu de vous, et plein de hardiesse à votre égard quand je suis éloigné, – je vous prie, lorsque je serai présent, de ne pas me forcer à recourir avec assurance à cette hardiesse, dont je me propose d’user contre quelques-uns qui nous regardent comme marchant selon la chair. Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair. Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ." (2 Corinthiens 10)

"Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu." (1 Corinthiens 2:1-5)

Une réponse courte: l’amour.

………….

"Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n’ai pas l’amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit. Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j’ai même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien."
1 Corinthiens 13:1-2

Le discernement de la volonté de Dieu – 6

Cet article est un genre de post-scriptum à la série que j’avais écrite ce printemps au sujet du discernement de la volonté de Dieu. (Voir ici les autres articles : un, deux, trois, quatre, cinq)

C’est une conclusion qui m’a sauté aux yeux dans les dernières semaines. Désolé si ça vous apparaît être trop simpliste… ou trop court.

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Je le sais, ô Éternel!

La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir

Ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas.

Jérémie 10:23

Amour, courage, sagesse

"L’amour sans le courage et la sagesse, c’est du sentimentalisme, tel qu’on le voit chez les membres de l’église en général. Le courage sans l’amour et la sagesse, c’est la témérité imprudente, tel que peut avoir un soldat ordinaire. La sagesse sans l’amour et le courage, c’est de la lâcheté, tel qu’on le voit chez l’intellectuel ordinaire. Mais celui qui a l’amour, le courage, et la sagesse change le monde."
- Ammon Hennacy

Surpris par la grâce

"There is a crack in everything
That’s how the light gets in."

Leonard Cohen

"Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi."

l’apôtre Paul (2 Corinthiens 12:7-9)

Le discernement de la volonté de Dieu – 5

« Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher! … Enseigne-moi à faire ta volonté! Car tu es mon Dieu. Que ton bon Esprit me conduise sur la voie droite! » (Psaumes 143:8, 10)

« L’Éternel appela de nouveau Samuel. … Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel … L’Éternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Et Samuel se leva, alla vers Éli, et dit: Me voici, car tu m’as appelé. Éli comprit que c’était l’Éternel qui appelait l’enfant, et il dit à Samuel: Va, couche-toi; et si l’on t’appelle, tu diras: Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. » (1 Samuel 3:6-9)

« … celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. » (Jean 10:2-4)

Cet article est le dernier d’une série d’articles sur 5 livres que j’ai lu récemment, au sujet de la recherche de la volonté de Dieu, et du discernement spirituel. (Voir ici les premiers articles : un, deux, trois, quatre.)
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Ce dernier livre s’intitule Discerning the Will of God, An Ignatian Guide to Christian Decision Making (Discerner la volonté de Dieu, un guide inspiré d’Ignace pour la prise de décision par les chrétiens), écrit par Timothy M. Gallagher. Certains seront probablement surpris que je place un livre écrit par un jésuite parmi cette liste, et qu’en plus je dise que c’est à mon avis le meilleur parmi les cinq. J’en suis un peu étonné moi-même. Et à voir récemment le visage horrifié d’un frère à qui je partageais mon enthousiasme à propos de ce livre, je suis préparé au pire…

Pour n’importe quel chrétien qui a pu passer par des choix difficiles, entre des alternatives valables, bonnes et raisonnables, mais qui s’excluent mutuellement, c’est un livre d’une pertinence et d’un réalisme vraiment impressionnant, et même émouvant. Il décrit la fameuse «méthode» de Saint-Ignace, le fondateur des Jésuites, pour arriver à discerner la direction de Dieu au sein de la confusion et du chaos qui peuvent exister dans nos vies et dans nos âmes. Tout cela n’a rien de bien mystérieux, et c’est à mon avis tout à fait biblique.

Le message d’autres livres (Knowing God’s Will, et  Hearing God) rejoint d’ailleurs un peu celui d’Ignace, mais prennent plusieurs chapitres pour aboutir et tenter de convaincre le lecteur que Dieu veut et peut nous montrer sa volonté. Ce livre est au contraire très concis, et très simple à lire. Je suis persuadé que l’enseignement d’Ignace sur le discernement est un don à l’église « pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et l’édification du corps de Christ. » (Éphésiens 4:12). Je ne peux pas me prononcer sur toute l’oeuvre d’Ignace, je ne l’ai pas lu. Et je sais que les Jésuites sont un mouvement controversé dans plusieurs milieux, même parmi certains catholiques. Je pense simplement alors que comme pour tout enseignements, il nous faut suivre Paul qui nous dit: «examinez toutes choses; retenez ce qui est bon.» (1 Thessaloniciens 5:21).

Plusieurs aspects du livre vont très certainement rebuter les protestants/évangéliques, comme l’insistance sur la participation à l’eucharistie en tant que moyen que Dieu emploie pour que nous discernions sa volonté, ou encore la nécessité d’une direction spirituelle par un frère ou une sœur expérimenté dans ce domaine. Je dirais par expérience que ce dernier aspect est en réalité fort aidant, et je commence à penser, comme l’auteur, qu’il est probablement nécessaire. La notion que Dieu doive passer par l’aide d’un autre chrétien pour nous diriger nous rebute en tant que protestants/évangéliques, parce que nous avons en fait une religion très individualiste, et que la confession ne fait pas partie de nos pratiques habituelles. (Ce n’est malheureusement qu’une « option » que nous ne pratiquons presque jamais). Un autre aspect qui peut déranger, ce sont les multiples exemples que l’auteur donnent qui concernent les décisions quand à la vocation de prêtre ou de bonne sœur. Les exemples donnés tournent d’ailleurs autours de 2-3 sujets, et cela peut être redondant (carrière, appel à une carrière religieuse, mariage, célibat). Certains trouveront certainement aussi l’approche très subjective.

Si j’avais à ne recommander qu’un seul livre parmi les cinq, ce serait celui-là. Pratique, concis, pertinent, simple, utile, réaliste, chrétien, touchant.

« C’est là la question à laquelle Ignace s’attarde dans ses Exercices Spirituelles, et cette question est le point principal de ce livre : Lorsque des gens qui aiment Dieu sont confrontés à des choix entre des options qui sont toutes bonnes et qu’ils sont libres de choisir, comment peuvent-ils discerner la volonté de Dieu? » (p. 17)

« Je suis créé pour faire quelque chose ou pour être quelque chose pour lequel personne d’autre que moi ne fut créé; J’ai une place dans le conseil de Dieu, dans le monde de Dieu, que personne d’autre n’a… Dieu me connait et m’appelle par mon nom. (John Henry Newman) » (p. 18)

« «Nous l’aimons parce qu’il nous a aimé en premier.» Ce verset biblique (1 Jean 4:19) forme la base de toute recherche de la volonté de Dieu: lorsque le cœur humain découvre que ce monde n’est pas vide, que sa vie n’est pas insignifiante, qu’il a été aimé depuis toute éternité, et que sa propre existence est un don d’amour, alors le cœur se réjouit et l’aspiration à répondre s’éveille. Alors la volonté humaine devient assoiffée d’être en communion avec la volonté divine, ce qui est de l’amour mutuel – l’amour pour lequel nous somme faits, et qui, comme le dit Augustin, est le seul qui peut donner le repos à nos cœurs fatigués. » (p. 18)

« … vouloir la volonté de Dieu. … Tout ce que Dieu veut que nous fassions, c’est que nous lui demandions ce qu’Il veut, et ensuite de le faire. Sur cette fondation, une solide vie de foi peut être bâtie. » (p. 26)

« … « Tout ce que tu voudras Seigneur. » … Comment en arriver à cette disposition du coeur? Peu de questions dans le processus du discernement sont plus cruciales que celle-là… » (p. 19)

« Pour Ignace, finalement, tout ce qui peut rendre le cœur disposé à permettre le discernement est centré sur Christ: le Christ qui m’a aimé jusqu’à mourir pour me libérer du péché et de mes blessures…; le Christ qui par amour m’invite à partager avec lui sa propre mission de salut et de guérison des cœurs humains, et de faire de cette mission le but de ma vie, peu importe l’appel spécifique qu’il me donnera (le mariage, le ministère, la vie religieuse, le célibat) …; l’humble et pauvre Christ qui m’invite à embrasser cette même simplicité de cœur – cette soumission dont Jean parle – pour permettre d’être vraiment libre dans mon discernement … » (pp. 47-48)

« Une personne transformée par Jésus, portant Jésus dans tous les aspects de son humanité; une personne qui est centrée sur Jésus … cette personne est prête à discerner. Telle est donc la disposition qui nous prépare à discerner la volonté de Dieu: la prise de conscience fondamentale de l’amour infinie de Dieu pour vous; la rencontre transformatrice avec Jésus qui vous a aimé jusqu’à mourir pour vous libérer du péché… et finalement, la quête continuelle pour une connaissance qui est celle du cœur et un amour grandissant pour Christ. » (pp. 48-49)

« Ignace enseigne que la préparation idéale pour le discernement est de contempler le Christ dans les Évangiles. Ceux qui sont engagés dans un processus de discernement considéreront que cette contemplation est d’une valeur inestimable. » (p. 53)

« … il y avait tellement de bruit dans mon âme … Il y avait tellement de bruit que je ne pouvais pas entendre la parole de Dieu. … le silence est le climat idéal pour le discernement… ce silence qui nous permet d’entendre le «murmure doux et léger» (1 Rois 19:12) par lequel Dieu parle au cœur humain. » (p. 55)

« … me savoir être un pécheur qui est aimé jusqu’à la mort par Jésus-Christ, cela me donna la liberté de m’offrir moi-même pour être peu importe ce que que le Seigneur voulait faire de moi. » (p. 57)

« Il y a une valeur évidente dans le conseil d’Ignace selon lequel le discernement doit être quelque chose qui se fasse en étant accompagné. Lorsque ceux qui discernent sont incertains, se sentent bloqués, et ne savent pas comment faire, souvent ce qu’ils ont besoin c’est d’un accompagnement plein de sagesse. » (p. 62)

« …Dieu peut simplement nous faire la grâce de nous donner une clarté qui est au-delà de tous les doutes. Les fruits d’un tel discernement est évident par la certitude et la paix profonde, la joie, la confiance, et un sentiment de sécurité de savoir que nous sommes aimés de Dieu… Comme nous l’avons vu, le discernement qui se fait selon ce premier mode est un don gratuit de Dieu. Notre tâche, lorsque Dieu le donne, est de le reconnaître, et d’agir en conséquence… » (p. 81)

« Lorsque Dieu ne donne pas la clarté qui va au-delà de toute possibilité de douter, qui est le premier mode de discernement, la personne qui est en processus de discernement (et son accompagnateur spirituel) doivent se tourner vers le second mode. La fondation d’un tel discernement est une prière continuelle centrée sur la contemplation de Jésus dans les Évangiles… cette personne doit attentivement observer dans les moments où elle se trouve en consolation, vers quelle partie Dieu le dirige, et pareillement lorsqu’elle se trouve dans la désolation. Le discernement selon le second mode suppose donc que celui qui discerne comprend et reconnaît les expériences de consolation et de désolation spirituelles. » (p. 87)

« Une attraction qui revient toujours, comme magnétique, accompagnée d’une joie spirituelle, une impression récurrente qu’il y a plus… une recherche nourrie par la prière, fidèle et quotidienne, un processus qui avec le temps forge une attraction vers une option, au point où une clarté et une compréhension sont atteintes concernant une option; c’est là le discernement selon le second mode. » (p. 99)

« Avec émerveillement, nous découvrons qu’il est réellement possible d’entendre ce "murmure doux et léger" de Dieu qui parle à nos coeurs: la confusion qui règne au sein de la confrontation entre nos attractions et nos résistances cède la place à une clarté spirituelle. » (p. 100)

« Mieux que quiconque, le Saint-Esprit vous enseignera comment goûter avec le coeur et connaître avec douceur quelles raisons font en sorte qu’une option sera pour le plus grand service et la plus grande gloire de Dieu. » (p. 102)

« … la croissance humaine et spirituelle énorme qui est donnée [par Dieu] durant le processus de discernement est évident. » (p. 129)

« Certainement, le processus de discernement est une question d’atteindre une clarté dans un choix spécifique. Nous entamons ce processus précisément parce que nous recherchons cette clarté. Dieu cependant, en nous appelant à parfois passer au travers d’un processus long et laborieux, par celui-ci nous offre une opportunité de croître qui n’a pas de prix, et qui souvent nous change pour toute la vie. Grâce à plusieurs années troubles de discernement, … [un croyant] graduellement apprend le courage… apprend à lâcher prise et à se soumettre à Dieu, découvre la joie immense de connaître l’amour de Dieu… » (p. 130)

« Quelle croissance Dieu donne-t-il à cette personne, au travers du processus de discernement? Nos efforts et nos luttes dans ce processus ont une signification dans le plan de Dieu. Par celles-ci, le Dieu qui nous aime nous appelle à une nouvelle vie et à croître. » (p. 131)

« Puis la main du Seigneur vint sur St-Francois. Aussitôt qu’il eut entendu cette réponse, et que par le fait même il eut connu la volonté de Christ, il se tint sur ses pieds, enflammé par la puissance de Dieu, et il dit au frère Masseo avec une grande ferveur: "Allons-y! – au nom du Seigneur!" » (tiré de la biographie de St-Francis, par Fioretti) (p. 135)

« "Je suis par conséquent certaine que je suis dans la volonté de Dieu, et cela me donne la paix et la joie." Cette paix et cette joie inébranlables, la certitude d’être "dans la volonté de Dieu", cela donne la force d’aimer même dans les circonstances les plus imprévues et les circonstances de la vie les plus humainement troublantes – voilà le fruit de passer par un processus de discernement de la volonté de Dieu. » (p. 136)

Le discernement de la volonté de Dieu – 3

« Je suis resté muet, dans le silence; Je me suis tu, quoique malheureux; Et ma douleur n’était pas moins vive. Mon coeur brûlait au dedans de moi, Un feu intérieur me consumait, Et la parole est venue sur ma langue. Éternel! dis-moi quel est le terme de ma vie, Quelle est la mesure de mes jours; Que je sache combien je suis fragile. Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, Et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n’est qu’un souffle. » (Psaumes 39:2-5)

« Si l’Éternel n’était pas mon secours, Mon âme serait bien vite dans la demeure du silence. Quand je dis: Mon pied chancelle! Ta bonté, ô Éternel! me sert d’appui. quand les pensées s’agitent en foule au-dedans de moi, Tes consolations réjouissent mon âme. » (Psaumes 94:17-19)

Cet article est le troisième d’une série d’articles à propos de 5 livres que j’ai lu récemment au sujet de la recherche de la volonté de Dieu et du discernement spirituel. (Voir ici les premiers articles : un, deux.)

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Ce troisième livre est intitulé Pilgrimage of a Soul (Pélerinage d’une âme), par Phileena Heuertz. Ce n’est pas en tant que tel un livre sur la recherche de la volonté de Dieu, mais plutôt un témoignage sur le cheminement spirituel de l’auteure, par l’apprentissage de la prière contemplative. J’ai été honnêtement très agréablement surpris. L’auteure est la codirectrice de l’organisme Word Made Flesh, qui œuvre auprès des gens les plus pauvres de la planète, dans des bidonvilles dangereux en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Elle décrit son pèlerinage sur la route de Compostelle, et une retraite de plusieurs semaines qu’elle a fait après 12 ans de ministère très actif. Elle écrit comment elle a finit par apprendre à vivre une vie qui n’est pas déterminée par des réactions, ou de l’activité vide, mais qui soit une véritable vocation donnée par Dieu lui-même. Être, pas faire. Apprendre réellement à lâcher prise, et à se soumettre aux processus de morts et de renaissances par lesquelles Dieu nous fait passer. Elle décrit sept étapes à travers lesquelles passe l’âme du croyant qui recherche la volonté et l’intimité de Dieu : l’éveil, l’aspiration, la noirceur, la mort, la transformation, l’intimité et l’union. Elle puise pour ce faire dans une riche tradition qui date de plusieurs siècles, des Pères du désert des premiers siècle, des mouvements monastiques du moyen-âge, et des auteurs plus récents comme Henri Nouwen, Thomas Keating, Parker Palmer, Thomas Merton, etc. C’est le genre de lecture qui est très éloignée de la tradition évangélique des 50 dernières années, qui m’apparaît définitivement trop rationaliste, avec une logique de rentabilité, de marketing et d’efficacité à tout prix, souvent pleine d’un activisme agité et creux, et très portée vers la gratification immédiate et superficielle. Il se peut donc que plusieurs ne soient pas à l’aise avec ce genre de livre, et le voient très négativement comme du mysticisme inutile, voire même dangereux, et trop porté à emprunter aux traditions plus anciennes, orthodoxe et catholique. J’ai personnellement lu ce livre durant une période de grande confusion, et d’agitation spirituelle, et ce livre m’a vraiment aidé.

« L’une des choses dont nous avons désespérément besoin que Dieu fasse pour nous, c’est de nous transformer de ce que nous sommes aujourd’hui, en ce qu’Il veut véritablement que nous soyons. … Chacun d’entre nous est sujet à nous tromper nous-mêmes. Nous commettons le mal et l’appelons bien. Nous commettons la violence, et appelons cela de la justice sociale. Tout comme Bartimée, le mendiant aveugle, lorsque nous prenons conscience de la réalité de notre condition désespérée, nous pouvons alors entendre Jésus nous demander : « Que veux-tu que je te fasse? » (Marc 10:46-52). Si nous lâchons prise, et que nous crions « Jésus aie pitié de moi! » nous avons alors commencer à entrer dans un cheminement spirituel. … La tradition contemplative chrétienne dirige notre chemin vers une posture de réceptivité envers Celui qui peut nous sauver de notre chaos et de notre destruction – que cela soit à une petite échelle personnelle et sociale, ou jusqu’à l’échelle politique globale. Tout ce dont nous avons besoin de faire, c’est de nous soumettre au processus. C’est bien cela. Nous soumettre. Lâcher prise. Oser nous approcher de Dieu dans une adoration pleine d’humilité. Mais depuis le début des temps, il semble lâcher prise soit la posture la plus difficile qui puisse exister pour l’humanité. » (p. 14)

« Au coeur de la foi chrétienne, se trouve l’invitation à mourir et à renaître. Au cours de notre vie, il est probable que nous soyons invités à subir un certain nombre de morts et de renaissances. » (p. 17)

« … une journée typique dans la vie de plusieurs d’entre nous est marquée par l’évitement et la fuite. » (p. 26)

« C’est ici ce que Jésus nous promet – que ce n’est désormais « plus moi qui vit, mais Christ qui vit en moi » (Galates 2:20). Le faux-moi doit mourir pour faire en sorte que la vie de Christ règne en nous. C’est une cheminement spirituel – de vivre dans la plénitude de la vie de Christ en nous. Mais vivre ce potentiel n’est pas facile. » (p. 31)

« Je pense que Moïse est un bon exemple de quelqu’un qui a combattu avec le reniement de lui-même (note du traducteur: traduit de "self-abnegation", dans un sens négatif, dans le sens qui est présent dans la parabole du serviteur infidèle qui ne fit pas fructifier les dons que le maître lui avait donné, dans la parabole des talents) … Combien de fois avons-nous été comme Moïse – plein de doutes, et résistants à aller de l’avant dans notre appel? Le reniement de soi et la sensualité sont intiment connectés, mais il est difficile de reconnaître cette connexion à première vue. Souvent, faire ce qui ce qui fait du bien (sensualité) signifie que nous nous cachons ou évitons d’accomplir notre potentiel. Lorsque nous sommes sujet au péché du reniement de soi, nous rapetissons nos responsabilités. La peur est habituellement un facteur contributif. Nous craignons de secouer le statu quo, ou nous craignons ne pas avoir l’habileté nécessaire, ou nous avons peur du rejet, de la critique, de l’échec – donc nous nous cachons. Se cacher nous fait nous sentir en sécurité. » (p. 41)

« La condition humaine est tellement complexe, que d’être coupé de notre Créateur et de Celui qui aime notre âme affecte notre psyché, nos émotions, notre esprit, notre corps, et nos relations. Notre relation avec Dieu, avec nous-même, et avec les autres, incluant la terre et toutes les créatures, est dénaturée. » (p. 48)

« Qu’est-ce qui vous consume? À quoi avez-vous aspiré avec l’intensité du mal du pays? Aspirer c’est un désir pour plus. Cela est l’opposé d’une vie de complaisance. La complaisance est ce qui bloque n’importe quel cheminement. L’aspiration ardente est ce qui nous pousse vers l’avant. Il est difficile de demeurer assis tout en souffrant la douleur de cette aspiration, donc nous évitons d’aspirer. Mais lorsque nous saisissons ce mécontentement qui nous prend au ventre, nous bougeons, et nous grandissons. Parce que la douleur de celui qui aspire à plus peut être tellement agonisante, c’est une consolation d’être accompagné par d’autres dans ce cheminement. … … La chose magnifique avec le fait d’être fidèle à cette voix intérieure pour qu’elle nous dirige, ce sont les provisions miraculeuses qui nous sont données le long du chemin. Lorsque nous prenons la résolution de vivre notre vie selon notre appel, le chemin peut devenir très solitaire et difficile. Nous ferons souvent face à des difficultés et des doutes, qui menaceront de nous faire dévier de notre route. C’est seulement la véracité de cette voix intérieure, et la providence de Dieu tout au long du chemin qui nous soutiendront au sein des épreuves les plus rudes. » (pp. 65-66)

« Le processus à travers lequel l’arbre passe durant les saisons … est lent, et sec, et brutal pour les feuilles. Les feuilles sont forcées à mourir. Est-ce que l’arbre résiste? Ou se soumet-il à ce processus dans l’espérance qu’une nouvelle vie viendra en temps opportun? Nous voulons les fruits, la nouvelle vie, mais nous résistons à la mort. … La mort est un abandon qui donne la vie. … Comme une chenille, pour pouvoir vivre cette nouvelle vie, plus vraie, l’ancienne vie doit mourir. Et lorsque la mort arrive, ce qui meurt, meurt. Parti. Personne ne sait réellement ce qui arrivera suite à cette mort, s’il arrive quelque chose. C’est ce qui rend la mort si terrifiante. Peut-être que l’arbre n’aura plus jamais de feuilles… Peut-être que la chenille mourra dans son cocon et ne deviendra jamais un papillon…. Peut-être que l’esclavage en Égypte était mieux. Comment pouvons-nous être certains qu’il existe bel et bien une Terre Promise? Peut-être que le bébé ne vivra pas s’il sort du ventre. » (pp. 122-124)

« L’opposé de la foi n’est pas le doute mais la certitude. » (p. 157)

« Le Dieu de l’univers n’est pas quelque part très loin, distant et séparé de l’humanité. Dieu entra dans le ventre de Marie, ce qui illustre très bien la présence de Dieu dans l’humanité, dont Dieu est l’initiateur… Dieu habita dans le ventre de Marie. Marie répondit à cette grâce qui lui était donné, et fut réceptive à la volonté de Dieu : « qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1:38). Dieu initie, l’âme répond. Dieu n’a pas cessé d’initier avec l’humanité. Dieu a fait sa maison en moi et vous, mais c’est à nous de prendre conscience de cette présence. » (p. 164)

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