Après avoir fait la liste des 10 articles les plus vus de 2011, … voici quelques-uns de mes favoris.
L’église participe au travail de Christ
Le succès des église des premiers siècles
Bonhoeffer – le sermon sur la montagne – Matthieu 5 – partie-I
Après avoir fait la liste des 10 articles les plus vus de 2011, … voici quelques-uns de mes favoris.
L’église participe au travail de Christ
Le succès des église des premiers siècles
Bonhoeffer – le sermon sur la montagne – Matthieu 5 – partie-I
Je suis plusieurs blogs… et plusieurs font ce genre d’article à la fin de l’année.
Je note, en me relisant, un changement plutôt significatif dans le ton. J’ai enlevé plusieurs articles, que je pourrai peut-être remettre un jour, mais ré-écrits.
Formuler en termes compréhensibles le pourquoi de ces changements m’est assez difficile. Je ne comprends pas exactement tout moi-même.
Fort probablement qu’une partie de ce changement peut être attribué aux échanges dans les commentaires. Ceux-ci sont très appréciés.
J’ai présentement plusieurs articles en "fermentation"… surtout sur des sujets d’éthique et de morale chrétienne (avortement, mariage gay, argent, mariage civil/religieux, famille…), sur le mouvement évangélique (je veux faire une partie II à l’article #5 ci-bas, un autre article qui pose la question s’il faut agir en non-chrétien pour être chrétien évangélique… ), sur la question des relations entre la culture et l’évangile, et de la relation entre l’église et la politique.
Bonne année 2012 !
#1 Paul, Silas et le géôlier de la prison
#2 Existe-t-il encore des prophètes et des apôtres ?
#3 Repenser les 5 ministères – un texte de Frank Viola
#4 L’autorité dans l’église – un texte de Paul Armand
#5 Comment être sûr de ne pas réussir à transmettre l’évangile
#6 Réflexions sur le débat sur l’avortement
#7 Une définition de la vie éternelle
Suite au dernier article, un des commentateurs, qui est l’auteur d’un blog, a proposé le texte suivant: Le temps du salut. J’ai trouvé que c’était un article très intéressant.
J’ai changé un peu le site.
J’ai mis un titre un peu moins compliqué à comprendre, … et qui communique bien le but de ce blog. C’est inspiré de Matthieu 7:7 "Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira."
Le titre précédent (Christ en vous l’espérance de la gloire), m’était venu à l’idée suite à la lecture des livres Discipleship de Dietrich Bonhoeffer, et Présence au monde moderne de Jacques Ellul qui m’ont très marqué.
En fait, depuis le début, ce blog est plus une façon de penser à voix haute qu’un lieu pour diffuser la connaissance…
Mais chercher pour chercher n’est pas non plus le but. Je cherche définitivement pour trouver.
Cet article contient des extraits du chapitre intitulé Matthieu 7: La mise à part de la communauté des disciples du livre Vivre en disciple, Le prix de la Grâce de Bonhoeffer.
Cette partie concerne les versets 13-29 de Matthieu 7.
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Le chemin de ceux qui suivent Jésus est étroit. On passe facilement devant sans le voir, on le manque facilement, on le perd facilement, même quand on s’y est déjà engagé. Il est difficile à trouver.
…
Croire à la promesse de Jésus selon laquelle ceux qui le suivent posséderont la terre et, cependant, aller sans défense à la rencontre de l’ennemi, souffrir l’injustice plutôt que la commettre – voilà un chemin étroit! Voir et reconnaître l’autre être humain dans sa faiblesse, dans son injustice, et ne jamais le juger, être dans l’obligation de lui faire part de la nouvelle et, pour autant, ne jamais jeter les perles aux pourceaux – voilà un chemin étroit! C’est un chemin insupportable. À chaque instant on risque de tomber. Aussi longtemps que je reconnais ce chemin comme celui qu’il m’est ordonné de suivre, et que je le suis dans la peur de moi-même, ce chemin est effectivement impossible. Mais si je vois Jésus Christ me précéder pas à pas, si je ne regarde que lui et je le suis pas à pas, je suis protégé sur ce chemin.
…
Des faux prophètes viendront parmi eux et, avec la confusion, grandira aussi la solitude. … l’arbre malade porte de mauvais fruits. Il ne peut que se faire reconnaître de lui-même en son temps. … … Jésus nous dit qu’un homme ne peut pas vivre longtemps dans l’apparence.
…
Dire « Seigneur, Seigneur! » est la confession de l’Église. Ceux qui prononcent cette confession n’entreront pas tous dans le Royaume des cieux. C’est beau milieu de la communauté confessante que la séparation passera.
… Personne ne pourra jamais se réclamer de sa confession de foi. Le fait que nous soyons membres de l’Église de la vraie confession ne constitue pas un droit devant Dieu. Ce n’est pas sur la base de cette confession de foi que nous serons sauvés. Si nous le pensons, nous commettons le péché d’Israël qui, de la grâce de la vocation, a fait un droit devant Dieu. De cette façon nous péchons contre la grâce de celui qui adresse la vocation. Dieu ne nous demandera pas, ce jour-là, si nous avons été protestants, mais si nous avons fait sa volonté. Il posera cette question à tout le monde, à nous aussi…
…
«dire» et «faire» … La grâce de Jésus exige quelqu’un qui agisse, ainsi l’acte est-il la véritable humilité, la véritable foi, la véritable confession de la grâce de celui qui adresse l’appel.
D’un point de vue humain, il existe un nombre infini de possibilités de comprendre et d’expliquer le sermon sur la montagne. Jésus ne connaît qu’une seule possibilité : tout simplement partir et obéir. … Questionner, problématiser, interpréter revient à ne rien faire.
Série sur Vivre en disciple, de Bonhoeffer:
Introduction, chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3, chapitre 4, chapitre 5, Matthieu 5-I, Matthieu 5-II, Matthieu 5-III, Matthieu 6-I, Matthieu 6-II, Matthieu 7-I
Lu dans la Nouvelle Bible Segond:
… ainsi tu sauras que je suis le Seigneur (YHWH), ton Sauveur
ton Rédempteur, l’Indomptable de Jacob
Esaïe 60:16b
par Frank Viola
Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle… – 1 Pierre 2:4-5a
Une partie de mes racines chrétiennes sont dans le mouvement charismatique. À cette époque, on m’encourageait constamment à rechercher Dieu pour obtenir une «visitation» venant du ciel. Par conséquent, je nourrissais l’illusion que si Dieu visitait notre église, il serait content de cette visite. Je découvris plus tard que Dieu n’est pas la recherche d’un endroit à visiter. Il est plutôt à la recherche d’un endroit où habiter.
Les pages de l’histoire sont pleines de cette constatation qui donne à réfléchir: de multiples endroits furent un jour visités par Dieu, mais Il n’y est plus présent. Allez aux endroits phares des réveils passés, et vous découvrirez rapidement que les foules ont diminué. La joie est partie. La vie s’est évaporée. Dans de nombreux cas, ces lieux ne sont que des coquilles vides aujourd’hui.
Pourquoi le Seigneur quitte?
Pour moi, la question intrigante est pourquoi le Seigneur quitte. La réponse nous révèle quelque chose: parce qu’il n’a pas été complètement accueilli.
Il a été autorisé à visiter, mais Il n’a pas été autorisé à diriger. C’est-à-dire, qu’Il n’a pas obtenu le droit de prendre les décisions.
Ses visites nous bénissent pour une courte période. Mais une maison pour Dieu est quelque chose pour son intérêt et sa volonté. La bénédiction n’est simplement qu’un sous-produit. Ce n’est pas le produit principal.
Considérez ceci: Si Dieu "visite" une église, cela démontre que cette église ne lui appartient pas. Un propriétaire ne visite pas sa propre maison. Il vit dedans. Lors d’une visite divine, Dieu bénira son peuple. Mais il finira par partir, et recherchera une maison qu’Il pourra appeler sienne. Ainsi, si l’autorité de Jésus-Christ n’est pas entière à un endroit donné, le mieux que le Seigneur peut faire est de simplement visiter. Il ne peut pas y établir sa résidence.
Notre Seigneur est en quête d’un endroit où reposer sa tête, un endroit où son autorité puisse être effective, un lieu où il fait ce qu’Il désire, un lieu où il peut se sentir à l’aise et trouver le repos. C’est là la marque indélébile qu’une église particulière est en fait la maison de Dieu. Toutes les autres ne sont pour Lui que des escales.
Comme tout propriétaire, Dieu construit sa maison à sa manière. Si la maison est la sienne, il organise les meubles de la façon qu’il le veut, puisqu’Il est le maître de sa maison.
L’intention la plus chère de votre Dieu est que toutes ses pierres vivantes soient construites les unes avec les autres pour former sa maison.
À cet égard, je veux que vous imaginiez d’innombrables pierres vivantes dispersées sur toute la terre. J’aimerais que vous voyiez ces innombrables pierres vivantes qui vivent leur propre vie chrétienne individuelle. Je voudrais que vous voyiez ce grand nombre de pierres vivantes qui aiment Dieu, mais qui sont isolées et indépendantes des autres pierres vivantes. Plusieurs assistent à des services religieux, mais il y a peu ou pas de «construction ensemble» entre les membres.
C’est précisément la situation dans laquelle nous nous trouvons encore aujourd’hui. Et quel en est l’effet? Dieu est toujours sans-abri.
L’intention profonde de votre Dieu est que toutes ses pierres vivantes puissent former une construction ensemble, avec d’autres pierres vivantes, pour former sa maison. Pas pour eux-mêmes, mais pour leur Seigneur. Pour être la maison de Dieu, par Dieu et pour Dieu.
Si l’Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain. – Psaume 127:1
C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. – Éphésiens 4:16
Jésus-Christ n’est pas mort et ressuscité juste pour vous pardonner vos péchés. Il est mort afin que son Père puisse acquérir une maison. Le Seigneur nous a sauvé dans cette sainte et immense intention.
En l’absence de gens qui sont assemblés, Dieu demeure un Dieu errant et sans-abri. Et nous, nous demeurons des chrétiens errant et sans-abri.
Votre Seigneur souhaiterais se construire en un peuple, et Il veut construire un peuple en lui-même. Il est à la recherche d’un bâtiment, pas d’une carrière de roche. Il veut une maison, pas un tas de pierres, ni un groupe de rochers épars. Le Seigneur Jésus-Christ est à la recherche gens prêts qui abandonneront leur individualisme à l’occidentale, et vivrons une vie partagée avec d’autres, sous son autorité exclusive. Il s’agit de notre plus haute vocation.
Cette Semaine
Faites une maison pour le Seigneur dans votre vie. Chaque jour, donnez-lui l’autorité compète pour organiser votre vie comme Il le souhaite. Par la suite, commencez à vous connecter à d’autres «pierres vivantes» en établissant des relations avec des croyants entièrement engagés qui sont intéressés à accomplir Son dessein éternel.
Extrait du livre From Eternity to Here © 2009 Frank Viola (David C. Cook).
Publié à l’origine dans Life Today avec James Robison, Décembre 2009.
Simplement pour aviser ceux qui suivent ce blog que j’ai ajouté une section "Archives" ce jour pour faciliter la recherche d’articles sur le site.
Ce quatrième chapitre débute par le passage de Marc 8 dans lequel Jésus annonce sa mort et sa résurrection et, suite à la tentative de Pierre de le reprendre, il enseigne à ses disciple que ceux-ci doivent se charger de leur croix.
L’appel à suivre le Christ est ici en rapport avec l’annonce des souffrances de Jésus.
Il souligne le caractère particulier des souffrance de la croix, qui impliquent aussi le rejet.
La souffrance, tragique, pourrait encore porter en soi sa propre valeur, son propre honneur, sa propre dignité. Mais Jésus est le Christ rejeté dans la souffrance. Le fait d’être rejeté enlève à la souffrance toute dignité et tout honneur.
… Souffrir et être rejeté, voilà l’expression qui résume la croix de Jésus.
Et il spécifie que la croix n’est pas, comme le veut l’expression populaire, n’importe quelles souffrances (soulignements ajoutés par moi).
La croix, ce ne sont pas des maux et un destin pénible, c’est la souffrance qui résulte pour nous uniquement du fait que nous sommes attachés à Jésus.
… La croix est une souffrance liée non à l’existence naturelle, mais à la condition du chrétien. La croix n’est nullement essentiellement souffrance, mais souffrance et rejet, à comprendre ici aussi littéralement: il s’agit d’un rejet à cause de Jésus Christ, et non à cause de n’importe quelle autre conduite ou confession de foi.
Il énumère ensuite les souffrances du chrétien.
La première souffrance du Christ, dont chacun de nous doit faire l’expérience, est l’appel qui nous convie à sortir des attachements de ce monde. C’est la mort du vieil homme…
… Le chrétien se transforme en porteur de fardeaux – portez les fardeaux les uns les autres et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Gal 6,2). De même que le Christ porte notre fardeau, nous devons porter les fardeaux de nos frères…
Il termine le chapitre en parlant de l’Église.
Ainsi la souffrance devient-elle la marque distinctive de ceux qui obéissent au Christ.
… l’Église… la communauté de ceux "qui sont persécutés et martyrisés à cause de l’Évangile".
… Suivre Jésus, c’est être lié au Christ souffrant. C’est pourquoi la souffrance des chrétiens n’a rien de déconcertant.
… la communauté sait aussi maintenant que la souffrance du monde est à la recherche de quelqu’un qui la porte. De sorte que, dans l’obéissance au Christ, la souffrance retombe sur la communauté, et elle la porte en étant elle-même portée par le Christ. La communauté de Jésus Christ se tient devant Dieu à la place du monde dans la mesure où elle le suit sous la croix.
Dieu est un Dieu qui porte… Celui qui obéit est également appelé à porter: être chrétien consiste à se charger.
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Série sur Bonhoeffer:
Voici un extrait du livre The Forgotten Ways de Hirsch que celui-ci utilise pour illustrer un peu ironiquement la force des églises chinoises.
Pour illustrer ceci avec un peu d’ironie, un de mes amis, Michael Frost fut, en 2005, en mesure de rencontrer clandestinement 3 leaders Chinois de l’église clandestine qu’on avait sorti de Chine illégalement pour rencontrer des leaders occidentaux. Lorsqu’on leur demanda pour quels sujets ceux-ci voulaient qu’on prie, ils demandèrent 3 choses. Tout en reconnaissant que le gouvernement était devenu plus tolérant, il ne leur était toujours pas permis de se réunir en groupe de plus de 15 personnes, et lorsqu’ils croissaient au-delà de ce nombre, ils avaient à se diviser et démarrer une nouvelle église. Est-ce que les frères occidentaux pouvaient prier à ce sujet? La deuxième situation pour laquelle ils demandèrent des prières étaient qu’il ne leur était pas permis d’avoir des bâtiments d’église et qu’ils étaient forcés de tenir leurs rencontres dans les maisons, dans les cafés, dans des bars de karaoke, et dans des locaux de club sociaux. Est-ce que les frères occidentaux pouvaient prier aussi afin qu’ils puissent construire des églises? La troisième chose qu’ils sentaient avoir besoin de changer c’est qu’ils n’avaient pas le droit de développer des organisations dédiées où ils pourraient collectivement entraîner leurs leaders; ils étaient forcés d’entraîner les leaders dans l’église locale. Michael, lui-même le vice-président d’un séminaire, a souvent dit que dans sa conscience il ne pouvait simplement pas prier pour eux pour ces choses, parce qu’il réalisait, de même que le groupe qui avait rencontré les leaders Chinois, que d’une certaine façon l’état Communiste forçait l’église à demeurer elle-même.
Philip Yancey rapporte une histoire semblable d’un voyage en Chine qui a changé sa vie. Il dit: « Avant d’aller en Chine j’avais rencontré un missionnaire qui avait été expulsé en 1950, celui-ci disait « nous étions tellement triste pour l’église que nous avions laissée là-bas. Ils n’avaient personne pour les enseigner, pas de maison d’édition, pas de séminaires, personne pour s’occuper des cliniques et des orphelinats. Pas de ressources, aucune, sauf le Saint-Esprit. »" Yancey conclue avec ironie: « Apparemment le Saint-Esprit fait très bien l’affaire. »
Dans le premier chapitre intitulé "La grâce qui coûte" du livre Vivre en disciple, Bonhoeffer débute par la phrase:
La grâce à bon marché est l’ennemie mortelle de notre Église. Actuellement, dans notre combat, il en va de la grâce qui coûte.
Il poursuit en expliquant les différences fondamentales entre la "grâce à bon marché", et la "grâce qui coûte".
Dans cette Église, le monde trouve, à bon marché, un voile pour couvrir ses péchés, dont il ne se repent pas et dont , a fortiori, il ne désire pas être libéré. De ce fait, la grâce à bon marché est la négation de la Parole vivante de Dieu, la négation de l’incarnation de la Parole de Dieu.
…
… la grâce abstraction faite de Jésus Christ vivant et incarné.
…
La grâce qui coûte, c’est l’Évangile qu’il faut toujours chercher à nouveau,…
Elle coûte parce qu’elle appelle à devenir disciple à la suite de Jésus; elle est grâce, parce qu’elle appelle à suivre Jésus-Christ.
…
Seul celui qui, vivant à la suite de Jésus, renonce à tout ce qu’il possède, a le droit de dire qu’il est justifié par la foi seule. Il reconnaît la grâce jusque dans l’appel à vivre en disciple, et la grâce, pour lui, est cet appel. Mais quiconque veut, par cette grâce, se dispenser de vivre à la suite de Jésus se trompe lui-même.
Il ne cesse d’insister sur le fait que la grâce qui coûte en est une qui permet l’incarnation, de la Parole (Christ), et du croyants.
Luther dut quitter le couvent et rentrer dans le monde, non que le monde fût en soi bon et saint, mais le couvent n’était rien d’autre que le monde.
…
… il fallait désormais suivre Jésus au beau milieu du monde.
Pour lui, il semble que la dénaturation de la grâce soit à la base de la faiblesse de l’église qu’il connaissait, l’église luthérienne allemande. Il fait la différence très nette entre:
les membres d’une Église, professant dogmatiquement une pure doctrine de la grâce, mais non membres d’une Église engagée à la suite de Jésus, il importe de comprendre à nouveau la grâce et la vie à la suite du Christ dans leurs relations exactes l’une par rapport à l’autre…. La misère de notre Église se révèle chaque jour un peu plus clairement sous la forme de cette seule question: comment pouvons-nous, à notre époque, vivre en chrétiens?
Même si le contexte est très différent du nôtre – il écrivit ces mots dans l’Allemagne nazi de la fin des années ’30 – ces questions sont celles aujourd’hui d’un nombre grandissant de chrétiens.
Un blog que je lis fréquemment partageait en décembre dernier le vidéo du témoignage de Mme Gianna Jensen, une femme qui est née vivante suite à une tentative d’avortement à 6 1/2 mois. Le témoignage de Mme Jensen est touchant. Cependant, ce sont souvent les commentaires qui m’intéressent le plus et j’ai trouvé le commentaire suivant très juste et très bien expliqué.
À mon avis les croyants perdent leur temps à vouloir influencer la politique et les lois à ce sujet. Et ils perdent leur humilité, et leur véritable appel.
| par Marie-Josèphe Merlet (MJ)
Bonjour, On ne résoudra pas le problème de l’avortement en continuant à être des pharisiens, et je pèse mes mots. Notez aussi que je dis NOUS et pas vous. Dans la manière dont les chrétiens traitent la question de l’avortement, il y a me semble-t-il deux éléments fondamentaux qui sont oubliés et focalisent le problème sur une fausse piste. C’est en cela que je dis que le problème de l’avortement est traité avec une vue de pharisien. Le premier problème est l’interprétation que nous faisons des commandements de Dieu. «Tu ne tueras pas.» Ce commandement s’adresse à chacun de nous, «TU ne tueras pas.». C’est une demande de Dieu à CHACUN de nous, engageant NOTRE foi et NOTRE obéissance, NOTRE responsabilité face à Dieu. Nous en avons fait «EMPÊCHONS de tuer». Ceci pourrait être tout à fait acceptable si pour atteindre ce but nous utilisions les voies et les moyens donnés par Jésus: amour du pécheur, action du Saint Esprit, conviction de péché et repentance, qui ne dépendent pas de notre bon vouloir mais de l’action de l’Esprit chez le pécheur. Enfin en tant que chrétien nous devrions dans ces cas faire comme Jésus, et accompagner, soutenir, être présents pour aider. Nous ne devrions pas être des Ponce Pilate qui se lavent les mains de ce qui se passera ensuite. Malheureusement, d’une manière très humaine, nous EMPÊCHONS non pas en apportant une conviction de péché ainsi que nous le demande le Nouveau Testament, mais manu militari, par la coercition et le pilori, ce que Jésus n’a jamais fait. Face à un pécheur, Jésus à toujours pointé le péché, laissant le pécheur libre d’accepter ou de refuser, et d’assumer la responsabilité de SES actes. Une fois que nous avons mis en place des règles qui EMPÊCHENT, ou je devrais plutôt dire CACHENT le péché à notre regard, alors nous nous gargarisons en disant que nous sommes «des bons chrétiens», «que nous avons bien travaillé» et «que nous avons respecté les commandements de Dieu», sauf que nous n’avons rien fait de tout cela, exactement comme les pharisiens, qui adaptaient la Loi de Dieu à leur confort humain, ce qui veut dire que nous lions des fardeaux pesants et les mettons sur les épaules des hommes, mais nous ne voulons pas les remuer du doigt. Car si nous agissions en tant que chrétiens face à l’avortement, nous serions sur place, non pas pour brandir des pancartes et des condamnations, mais pour parler avec ces femmes, pour les convaincre et pour les ACCOMPAGNER dans la suite. Il est facile de dire de ne pas avorter, mais est-il aussi facile de dire, «je vais te soutenir financièrement et moralement JUSQU’À ce que tu en n’aies plus besoin». Cela ne se fait-il pas pour les drogués, les sans-abris, les anciens prisonniers, les étrangers? Alors pourquoi cela n’existe t-il pas pour les femmes qui veulent avorter? Un enfant c’est 25 ans de responsabilité à assumer… et cette responsabilité nous refusons de la voir. Ensuite nous serons les premiers à condamner les mauvais traitements ou la négligence que subiront ces enfants, sans voir que nous n’avons peut-être pas fait ce que nous aurions dû faire pour que cette vie pour laquelle nous nous sommes battus, et qui leur a été donnée, soit digne et respectueuse de leur personne. C’est à cause de cette déformation de notre place de chrétiens que nous pensons que la fermeture de centres d’interruption volontaire de grossesse est une victoire. Que nous acceptons sans broncher qu’aux États-Unis des médecins avorteurs soient TUÉS parce que Dieu a dit «TU ne TUERAS point». Mais le résultat de tout cela n’est que mensonge, et fausse bonne conscience, car l’avortement a toujours existé, mais jusqu’à récemment C’ÉTAIT UN PROBLÈME DE FEMMES. Caché, et traité entre femmes, qui s’avortaient elles-mêmes le samedi soir, pour que le dimanche serve à l’expulsion et pour que le lundi elles soient au travail (témoignages de femmes mariées, des années ’60). Aujourd’hui c’est devenu un problème de SOCIÉTÉ, car ce n’est plus caché, (mis en lumière…) et il faut le résoudre en tant que problème de société. Le retirer de notre paysage en l’empêchant officiellement, ne fera que le remettre dans l’ombre, mais il ne le résoudra pas. C’est également cette fausse bonne conscience, vite choquée et prompte à condamner quand une jeune fille accouche seule et abandonne son enfant dans une poubelle… Mais quelle solitude il doit y avoir pour en arriver à une telle solution, quel abandon moral, familial, matériel et chrétien. Le second problème concerne la place du père. En effet l’avortement est l’arbre qui cache la forêt de la «lâcheté?», de «l’irresponsabilité?» de ces personnes invisibles dont on ne parle jamais et qui pourtant y ont toute leur place. Je vais ici parler des hommes qui sont aussi des pères. Car certains hommes, malheureusement, sont prompts à condamner la mort d’enfants dont ils sont le père. (J’utilise le terme «certains», afin de ne pas heurter ceux qui sont des hommes en Christ, et des pères responsables. Je n’attaque pas LES hommes, mais certains hommes.) N’est ce pas la même hypocrisie que celle des pharisiens qui voulaient lapider uniquement la femme adultère, oubliant lâchement l’homme qui était avec elle, se réclamant de la loi pour la lapider, oubliant lâchement que la loi disait de lapider L’HOMME et la FEMME (Deutéronome 20.10). N’est ce pas la même hypocrisie de faire de l’avortement une affaire de femmes? Voire plus, un péché de femme? Certains hommes sont prompts à réclamer leurs droits sur un enfant quand cela les arrange, et tout aussi radicaux à condamner quand l’enfant dérange, laissant une seule personne assumer la responsabilité de deux… Facilité du langage face au poids de l’acte. Ce n’est pas UNE FEMME qui avorte ce sont des parents qui TUENT leur enfant, une MÈRE et un PÈRE. Certains hommes devraient être droits et reconnaître leur place dans le don de la vie et dans leurs responsabilités vis à vis de celle ci. Il est facile de crier «haro sur le baudet», mais peut-être devraient-ils avant cesser d’être des hypocrites, et retirer la poutre de leur œil afin de pouvoir voir comment ôter la paille de l’œil de l’autre… Si les hommes veulent combattre l’avortement, ils doivent commencer par assumer leur responsabilité dans la création d’un être vivant. Cesser de faire de la conception et de l’avortement un problème de femme, pour en faire un problème personnel, de père. Je crois que si Salomon était aujourd’hui avec nous il rendrait le jugement suivant sur la question: Si un enfant est conçu, que la femme qui le porte l’assume. Si elle ne veut pas, que le père qui l’a conçu l’assume. S’il ne veut pas, que l’enfant soit coupé en deux et que chacun assume sa part… Ce commentaire est dû à des «poncifs» que j’ai trouvés dans ce témoignage et que je vous livre maintenant. Gianna Jessen commence son témoignage en disant «mes parents avaient 17 ans. Elle était enceinte de 6 mois». Donc il y avait bien un couple. Pourtant elle va faire de cet avortement une affaire de femme, dont elle exclue son père. Dans la suite du message il n’est plus nommé une seule fois. Elle parle de sa mère, qui est venue à une de ses conférences, pas son père, ce qui indique que l’acte commis par cette femme, la poursuit depuis des années. Elle parle de l’avortement comme «un droit des femmes… ma vie allait être supprimée au nom du droit des femmes», pourtant dès le départ elle précise SES parents. Pourquoi le «mes parents» est-il devenu «le droit des femmes»? Où est passé le père ? J’ai eu un moment d’espoir, quand elle interpelle les hommes sur leurs responsabilités, mais celles-ci ne sont pas pointées. Comment faire prendre conscience à quelqu’un de son erreur (péché) si on ne dit pas clairement l’erreur (le péché)? Alors je les ai pointés clairement, afin que ce passage ne serve pas simplement à ramener certaines choses dans l’ombre, en essayant de ne pas blesser ceux qui n’ont rien à voir avec ce que je dénonce, car le sujet est sensible et délicat. Si nous voulons régler le problème de l’avortement, nous devons le voir avec les yeux de Christ. Et pour Christ l’avortement n’est pas un simple problème de «droit des femmes», ce n’est pas un simple problème de société, il est beaucoup plus complexe et pointe clairement la question à laquelle nous sommes appelés à répondre. Quels parents sommes nous devant l’Éternel? Quels chrétiens sommes nous devant Christ ? MJ |
Je suis en train de lire la version française du livre Nachfolge de Bonhoeffer écrit en 1937, intitulée Vivre en disciple, le prix de la grâce.
Vous pouvez en voir de grand extraits ici.
Et vous pouvez lire une biographie de Bonhoeffer ici.
C’est un livre d’une profondeur incroyable. Écrit par un pasteur luthérien allemand qui, à cause de sa prédication, se fit enlevé dès 1935 son droit de prêcher par les nazis au pouvoir, ce livre est "un appel à suivre le Christ, non hors du monde, mais bien en son cœur" (verso du livre). Au cours des prochains mois, je compte mettre ici des extraits que je trouve plus intéressants.
Le livre se divise en 2 parties. La première partie s’intéresse à l’appel de Jésus aux disciples à le suivre, et contient un commentaire sur le sermon sur la Montagne (Matthieu 5-7) et sur le discours de Jésus avant d’envoyer ses disciples dans la moisson (Matthieu 9:35-10:42). La deuxième partie parle de l’Église.
Pour ce premier article, voici quelques extraits de l’Avant-Propos.
Ce qui nous importe, en dernière analyse, ce n’est pas ce que veut tel ou tel homme d’Église; ce que nous désirons savoir, c’est ce que veut Jésus.
…
Il n’est pas vrai que toute parole opposée aujourd’hui à notre prédication constitue déjà un refus du Christ, un antichristianisme.
…
Mais ne serait-ce pas également une réponse que de nous demander si nous ne faisons pas obstacle souvent nous-mêmes à la parole de Jésus … en continuant à prêcher beaucoup trop nos opinions et nos convictions personnelles, et pas assez Jésus-Christ lui-même?
…
Où l’appel à vivre en disciple conduira-t-il ceux qui y répondent? … Jésus Christ qui ordonne qu’on le suive est le seul à savoir où conduit cette voie.
Il y a plusieurs années, un homme musulman m’a dit: «J’ai lu la totalité du Coran et je n’y ai trouvé aucune indication sur la façon dont les musulmans devraient vivre en tant que minorité dans la société. J’ai aussi lu tout le Nouveau Testament et je ne peut y trouver aucune indication sur la façon dont les chrétiens devraient vivre en tant que majorité. »
Tiré d’un article de Christianity Today de novembre 2010 par Philip Yancy
"… il y eut un homme nommé Nicodème, qui vint, auprès de Jésus, … et lui dit: Rabbi, nous savons…
… Jésus lui répondit: Tu es le docteur d’Israël, et tu ne sais pas…"
"La foi n’est nécessaire il me semble que pour une vie dangereuse. Si mon cheminement avec Jésus est centré sur ma sécurité et mon confort, je ne suis probablement pas sur la même route que celle où Jésus marchait."
– Keith Giles – extrait du livre The Gospel, for here or to go ? p. 89
… je n’ai pas écris depuis longtemps… disons que j’ai la tête ailleurs actuellement… "Il y a un temps pour toute chose" disait l’Écclésiaste…
Vous pouvez avoir un indice de mes préoccupations actuelles en lisant ce texte de notre frère Paul aux Romains:
"Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l’hospitalité.
Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas.
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux.
Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête.
Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien." (Romains 12:12-21)
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